Nos Combats

laurent

On peut parfois avoir le sentiment d’un décalage entre l’envie d’agir, de changer notre société et la difficulté de le faire concrètement. Pourtant, à tous les niveaux, des changements sont possibles et les véritables freins résident dans les croyances ou les incapacités à imaginer des modèles différents.

Un argument que l’on peut facilement imaginer est la justification d’un modèle pour subsister dans un monde de compétition intensive. Si je suis le patron d’une grande multinationale et que pour subsister, je dois être aussi rentable que mon principal concurrent, alors mes actes sont justifiés… Une des conséquences directes est la sauvegarde de milliers d’emplois.

Et pourtant… Cela pose de nombreuses questions notamment sur la justification de modèles dont les inconvénients sont souvent devenus supérieurs aux avantages, notamment l’impact de ces modèles sur les populations du sud et leur maintien dans des situations d’extrême précarité. Une autre question peut porter également sur le changement à venir dans notre monde : est-ce que les multinationales auront la capacité à se régénérer de l’intérieur ou alors le changement viendra d’une minorité notamment via l’entreprenariat social ; minorité qui parviendra à grossir et mettre en place une autre vision du monde.

On se doute de quel côté penchent nos convictions. Mais parfois Lire la suite →

L’idée de solidarité est une belle idée. Celle-ci peut paraître assez désuète mais elle est en réalité essentielle au vivant. C’est à partir de cette idée que prend naissance le Développement Durable qui regroupe à la fois la solidarité géographique (entraide entre les individus) mais aussi la solidarité temporelle (prise en compte des générations futures).
Cette notion de solidarité spatio-temporelle implique une prise de conscience de l’interdépendance existant entre les êtres vivants et du fragile équilibre duquel résulte la vie sur Terre. La notion d’interrelation est spontanément présente dans la pensée « sauvage » alors que nous avons, dans nos sociétés, développé un système de pensée dichotomique. Dès lors, nous avons de la Nature une vision uniquement utilitaire.
Jamais dans l’Histoire, l’Homme n’a été autant coupé de la Nature. La grande affaire de notre époque réside dans la technologie. Pas un jour ne se passe sans que l’on nous parle de progrès technologique et de promesse pour l’avenir. Mais nous dit-on tout ce que l’on perd ? les savoirs traditionnels de groupes d’individus ayant puisé leurs connaissances dans leurs rapports à la Nature, des milliers d’espèces dont nous n’avions bien souvent pas connaissance de l’existence même (une espèce disparaît toutes les 18 minutes), etc. Ce délitement de nos rapports à la Nature nous amène par extension à mépriser le travail manuel ; ce travail qui depuis toujours nous permet de nous nourrir et de nous loger, ce travail qui nous est plus essentiel qu’aucun autre.
Nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins. L’Homme se trouve clairement au service de l’économie alors que le bon sens voudrait l’inverse, la Nature n’est plus considérée comme une composante de la vie mais comme une annexe de l’Humanité qu’il nous faudrait sauver, le travail manuel est méprisé au profit de « l’économie de la connaissance » et tous les regards sont tournés vers les promesses technologiques.
Ce constat doit nous amener à nous questionner sur les moyens d’action à mettre en place et sur l’alternative que ceux-ci peuvent apporter à nos modes de vie tournés vers la technologie en tant que négation de la Nature. L’émergence du commerce équitable semble être une solution mais n’en est en rien l’unique. Nous faisions dans un précédant post référence à la nécessité de rester optimiste face à une notion aussi anxiogène que peut l’être le Développement Durable. Dès lors, risquons nous à avancer l’idée qu’il existerait une solution globale (et non unique) : garder confiance en la capacité de l’Homme à s’extraire et s’émanciper d’un système qui ne lui permet plus de voir l’essentiel, à savoir que la Nature, c’est la vie.

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L’idée de solidarité est une belle idée. Celle-ci peut paraître assez désuète mais elle est en réalité essentielle au vivant. C’est à partir de cette idée que prend naissance le Développement Durable qui regroupe à la fois la solidarité géographique (entraide entre les individus) mais aussi la solidarité temporelle (prise en compte des générations futures).

Cette notion de solidarité spatio-temporelle implique une prise de conscience de l’interdépendance existant entre les êtres vivants et du fragile équilibre duquel résulte la vie sur Terre. La notion d’interrelation est spontanément présente dans la pensée « sauvage » alors que nous avons, dans nos sociétés, développé un système de pensée dichotomique. Dès lors, nous avons de la Nature une vision uniquement utilitaire.

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19 mars

Pour une économie altruiste

Posté par Laurent// Catégorie : Nos Combats
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ALTO EL SOL

Dans notre culture occidentale, un thème récurrent concerne la nature bonne ou mauvaise de l’homme. Avec des philosophes ayant considéré que l’homme était bon par nature et que c’est la société qui l’a pervertie (Rousseau), d’autres partant du principe que c’est justement la société, la culture, l’éducation, qui « humanise » l’homme (Voltaire). Notre nature, hors visée historique de la société ci-dessus, a pourtant l’air de comporter les deux facettes.

Nous sommes chacun capables de céder à la colère ou faire preuve à d’autres moments d’empathie, d’altruisme. Et si les deux sont présents en nous, il semble donc possible de cultiver les émotions dites positives ou celles dites négatives. Ce qu’explique très bien la vision pragmatique du bouddhisme. Les qualités altruistes peuvent se cultiver et se renforcer quotidiennement en chaque individu via la méditation et/ou des actes concrets. Et si nous redécouvrons, pour beaucoup, en ce moment, cette aspiration, il serait également temps de passer de cette aspiration individuelle à une aspiration collective. Pour que ce ruisseau devienne un fleuve puissant dans notre société et la change de l’intérieur… Lire la suite →

bhopal

Minuit cinq dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984. Un foudroyant nuage de gaz toxique s’échappe d’une usine américaine de pesticides construite au cœur de l’ancestrale ville indienne de Bhopal. Il fait entre seize et trente mille morts et cinq cent mille blessés. C’est la plus meurtrière catastrophe industrielle de l’histoire…

Dominique Lapierre et Javier Moro retracent l’histoire de cette tragédie dans le livre « Il était minuit cinq à Bhopal ». On comprend à la lecture de ce livre comment une telle catastrophe a pu arriver. Comment des hommes, d’une société multinationale, Carbide, construisent une « magnifique usine » à la pointe de la technologie en pensant pouvoir apporter aux paysans indiens des pesticides et leur permettre de sortir de la misère. Ils sont convaincus de bien faire et la promesse d’un marché gigantesque, justifie, à leurs yeux, cet investissement. Mais l’usine n’apporte finalement pas Lire la suite →