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Cet été en France, deux actualités auront marqué le combat entre agriculture biologique et OGM. La première : des militants anti-OGM ont déterré et détruit 70 pieds de vignes génétiquement modifiés dans les champs de recherche de l’Inra. Cette action coup de poing a suscité un véritable tollé et une indignation de la part des pouvoirs publics qui ont avancé, à juste titre, que ces vignes étaient destinées à l’étude du système immunitaire de la vigne. La seconde actualité : une étude a récemment révélé qu’en France les fruits et les légumes bio sont en moyenne 70% plus chers que les légumes non bio. Cette étude fait l’effet d’une bombe dans le petit monde du bio, décrédibilisant celui-ci en le faisant passer non pas pour un modèle alternatif mais comme un alibi pour toujours gagner plus d’argent sur le dos des consommateurs.
Essayons ici essayer d’analyser le « combat » opposant le bio à l’utilisation d’OGM à l’aune de ces actualités et en essayant le moins possible de prendre parti bien que chacun connaisse la position ferme d’Alter Eco sur ce sujet.
Un simple constat tout d’abord : aujourd’hui, près de 80% des français disent ne pas vouloir d’OGM dans leurs assiettes. Comment, dès lors, une société dite démocratique peut imposer à une population un produit que 8 personnes sur 10 rejettent ? Par ailleurs, il faut garder à l’esprit que, qui dit OGM dit nécessairement brevet. Si la modification génétique du vivant est tout à fait critiquable, l’apposition de brevet sur le vivant l’est tout autant. L’exemple de Monsanto est une illustration frappante des dégâts que peuvent causer ces brevets : en Inde, des acteurs bollywoodiens ont été payés par la firme pour vendre des graines génétiquement modifiés aux agriculteurs ; une fois les semences Monsanto payés, les agriculteurs se voient contraint d’acheter également les pesticides et les fertilisants Monsanto, ce qui entraîne souvent des dettes considérables ; en Inde toujours, les dettes des agriculteurs s’agrandissent d’année en année avec l’achat des graines Monsanto devenu une nécessité (ce que la nature offrait, il faut aujourd’hui le payer…) ; etc.
Avec ces constats, on est en mesure de penser qu’il est préférable d’éviter les OGM dans nos assiettes. Malheureusement, l’histoire ne s’arrête pas là : la certification Bio européenne accepte une contamination par les OGM allant jusqu’à 0,9% ! Ce recul du cahier des charges par rapport à la certification française correspond véritablement à une perte du choix alimentaire. Si le consommateur n’a plus le choix entre OGM et non OGM, notre environnement en tant qu’intégrité s’en trouve gravement atteint.
D’un autre côté, ce qui s’est déroulé cet été dans les champs de l’Inra peut tout à fait être considéré comme grave : s’attaquer à la recherche, à la science, c’est supporter l’acculture. Dans l’Histoire, la recherche et les nouvelles découvertes ont toujours éloigné un peu plus l’Homme de la barbarie (découverte du feu, invention de l’écriture, etc.). A son arrivée, le train était considéré comme une invention extrêmement dangereuse (vitesse de 24km/h…) et pourtant cette invention nous permet aujourd’hui de réduire grandement nos temps de trajet. La question des OGM est certainement plus complexe qu’un moyen de locomotion mais veuillons bien à soutenir toujours la recherche en gardant à l’esprit les découvertes qui  ont un jour été considéré comme dangereuse et qui nous sont indispensables aujourd’hui.
Il est important de veiller à la sauvegarde de notre choix alimentaire et primordiale de monter au créno dès lors que le cahier des charges de l’agriculture biologique s’appauvrit. Mais sachons aussi soutenir la recherche (indépendante), seule garante de notre sécurité alimentaire et seule capable de reconnaître les risques alimentaires liés aux OGM.

fraise-carree

Cet été en France, deux actualités auront marqué le combat entre agriculture biologique et OGM. La première : des militants anti-OGM ont déterré et détruit 70 pieds de vignes génétiquement modifiés dans les champs de recherche de l’Inra. Cette action coup de poing a suscité un véritable tollé et une indignation de la part des pouvoirs publics qui ont avancé, à juste titre, que ces vignes étaient destinées à l’étude du système immunitaire de la vigne. La seconde actualité : une étude a récemment révélé qu’en France les fruits et les légumes bio sont en moyenne 70% plus chers que les légumes non bio. Cette étude fait l’effet d’une bombe dans le petit monde du bio, décrédibilisant celui-ci en le faisant passer non pas pour un modèle alternatif mais comme un alibi pour toujours gagner plus d’argent sur le dos des consommateurs.

Essayons ici d’analyser le « combat » opposant le bio à l’utilisation d’OGM à l’aune de ces actualités et en essayant le moins possible de prendre parti bien que chacun connaisse la position ferme d’Alter Eco sur ce sujet.

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Terme de plus en plus tendance dans l’ensemble des pays riches, l’écologie est aujourd’hui considérée comme une philosophie de vie qui consiste à intégrer le respect de l’environnement dans sa vie de tous les jours. L’écolo, comme il est aujourd’hui convenu de l’appeler, correspond donc à celui qui respecte son environnement et, par extension, qui veille à la survie du vivant (dont l’Homme).  La question qui vient alors consiste à se demander quels sont encore les freins à l’écologise et ainsi d’essayer de discerner quel peut être l’avenir de ce courant de pensée et d’action.
Du traité de Rome se questionnant sur les limites de la croissance économique à la diffusion dans tous les cinémas du film Home en passant par les luttes sur le plateau du Larzac, le développement durable et une de ses composantes essentielles, l’écologie, sont aujourd’hui en passe de devenir une véritable mode. Quoi de plus tendance qu’une paire de chaussures ayant contribué à la plantation d’arbres, qu’un tee-shirt en coton biologique ou qu’une lampe torche à énergie solaire ? Tout cela est admirable et porteur d’espoir : il semble que l’humanité soit en train de prendre conscience que, sans l’environnement, l’Homme court à sa perte. Cependant, on peut aussi se demander si ces achats ne résultent pas plutôt de la même frustration créée par les industriels que celle qui nous entraîne à consommer de manière irraisonnée ?
Dans la réponse à cette question réside la pérennité des comportements actuels face à l’écologie. La prise de conscience de l’environnement dans l’acte d’achat est elle en train de devenir une mode qui, par définition, finira par s’essouffler ou bien l’écologie est elle en train de structurer un nouveau paradigme économique dans lequel au coût économique du bien viendra se rajouter l’impact sur l’environnement dans l’arbitrage des consommateurs ?
C’est à ce stade du raisonnement que prend place la notion d’écologie profonde qui consiste non pas à évaluer a posteriori l’impact sur l’environnement d’un produit mais plutôt à prendre a priori en compte la capacité de la nature à nous fournir tel ou tel bien. Cette écologie profonde est atteignable par la démocratisation à grande échelle du développement durable qui passe par son acceptation en tant que pratique sociale (par le biais de la mode). Il semble donc bon que l’écologie devienne aujourd’hui une mode mais il faut veiller à ce que cette tendance de fond se traduise par une transition vers une écologie profonde et arrive à s’émanciper de son caractère éphémère (quoi de moins durable qu’une mode ?).

Cette vigilance appartient à chacun d’entre nous : transformer l’essai est aujourd’hui essentiel et il est primordial que la mode du « vert » donne naissance à des considérations bien plus structurelles. Si l’utopie correspond à un état de la nature humaine non encore réalisé mais envisagé alors, oui, l’écologie

profonde est une utopie. Ensemble faisons en une réalité.

ecologie

Terme de plus en plus tendance dans l’ensemble des pays riches, l’écologie est aujourd’hui considérée comme une philosophie de vie qui consiste à intégrer le respect de l’environnement dans sa vie de tous les jours. L’écolo, comme il est aujourd’hui convenu de l’appeler, correspond donc à celui qui respecte son environnement et, par extension, qui veille à la survie du vivant (dont l’Homme).  La question qui vient alors consiste à se demander quels sont encore les freins à l’écologie et ainsi d’essayer de discerner quel peut être l’avenir de ce courant de pensée et d’action.

Du traité de Rome se questionnant sur les limites de la croissance économique à la diffusion dans tous les cinémas du film Home en passant par les luttes sur le plateau du Larzac, le développement durable et une de ses composantes essentielles, l’écologie, sont aujourd’hui en passe de devenir une véritable mode. Quoi de plus tendance qu’une paire de chaussures ayant contribué à la plantation d’arbres, qu’un tee-shirt en coton biologique ou qu’une lampe torche à énergie solaire ? Tout cela est admirable et porteur d’espoir : il semble que l’humanité soit en train de prendre conscience que, sans l’environnement, l’Homme court à sa perte. Cependant, on peut aussi se demander si ces achats ne résultent pas plutôt de la même frustration créée par les industriels que celle qui nous entraîne à consommer de manière irraisonnée.

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La société de consommation nous empêche t’elle de vivre ?
La société de consommation comme elle est communément appelée aujourd’hui correspond à une consommation  irraisonnée de la part des pays riches qui élèvent au rang de première nécessité l’accumulation de biens matériels. Cette consommation est irraisonnée car elle est sans but sinon l’accumulation pour elle-même, sans fin car cette accumulation appelle l’accumulation et non respectueuse de l’environnement car la course à cette accumulation perpétuelle ne laisse aucune place à toute réflexion possible sur le lien entre l’Homme et son environnement.
Au-delà du caractère stérile de cette consommation, celle-ci nous entraîne dans un capitalisme sénile car vieillissant et sourd au besoin grandissant des populations : le sens. Notre société est aujourd’hui en recherche de sens, sens que notre mode de vie aujourd’hui voué à la consommation n’est pas en mesure de trouver. En effet, l’Homme trouve t’il du sens à sa vie en courant les magasins à la recherche de celui qui pratiquera les meilleurs soldes ? Nous nous accorderons tous à répondre que non mais ne pouvons pas pour autant nous empêcher de consommer de manière irraisonnée.
Vivre, ce n’est donc sûrement pas consommer mais plutôt profiter de la vie elle-même, profiter de chaque instant, c’est-à-dire vivre pleinement. Nous abordons aujourd’hui la vie à la lumière du paradigme économique dominant qui nous apprend que plus est synonyme de mieux. Nous affirmons, nous, que le mieux est l’ennemi du bien, qu’il est préférable de jouir de la vie  elle-même plutôt que de chercher des satisfactions éphémères. On ne vit jamais plus pleinement qu’en étant allongé dans l’herbe au soleil, qu’en lisant un bon livre, qu’en discutant avec un vieil ami, qu’en faisant de nouvelles rencontres… et tout cela ne coûte rien (mis à part peut-être le livre de poche qui coûte 2€ !).
La consommation à l’excès nous éloigne de la vie elle-même en nous promettant des satisfactions immenses par le jeu de la frustration. Nous vivons en effet dans une société de frustration au service de la consommation. Vivre pleinement et profiter de chaque seconde que la vie nous offre est dès lors très probablement la solution à la perte de sens de nos sociétés. Nous n’affirmons pas ici que les démunis sont des gens heureux, que dans l’absence de possession réside le bonheur mais plutôt que la consommation se doit d’être raisonnée en gardant toujours à l’esprit que le bonheur réside dans les choses simples et vécues pleinement.

Consommation

La société de consommation comme elle est communément appelée aujourd’hui correspond à une consommation  irraisonnée de la part des pays riches qui élèvent au rang de première nécessité l’accumulation de biens matériels. Cette consommation est irraisonnée car elle est sans but sinon l’accumulation pour elle-même, sans fin car cette accumulation appelle l’accumulation et non respectueuse de l’environnement car la course à cette accumulation perpétuelle ne laisse aucune place à toute réflexion possible sur le lien entre l’Homme et son environnement.

Au-delà du caractère stérile de cette consommation, celle-ci nous entraîne dans un capitalisme sénile car vieillissant et sourd au besoin grandissant des populations : le sens. Notre société est aujourd’hui en recherche de sens que notre mode de vie aujourd’hui voué à la consommation n’est pas en mesure de trouver. En effet, l’Homme trouve t’il du sens à sa vie en courant les magasins à la recherche de celui qui pratiquera les meilleurs soldes ? Nous nous accorderons tous à répondre que non mais ne pouvons pas pour autant nous empêcher de consommer de manière irraisonnée.

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L’idée de solidarité est une belle idée. Celle-ci peut paraître assez désuète mais elle est en réalité essentielle au vivant. C’est à partir de cette idée que prend naissance le Développement Durable qui regroupe à la fois la solidarité géographique (entraide entre les individus) mais aussi la solidarité temporelle (prise en compte des générations futures).
Cette notion de solidarité spatio-temporelle implique une prise de conscience de l’interdépendance existant entre les êtres vivants et du fragile équilibre duquel résulte la vie sur Terre. La notion d’interrelation est spontanément présente dans la pensée « sauvage » alors que nous avons, dans nos sociétés, développé un système de pensée dichotomique. Dès lors, nous avons de la Nature une vision uniquement utilitaire.
Jamais dans l’Histoire, l’Homme n’a été autant coupé de la Nature. La grande affaire de notre époque réside dans la technologie. Pas un jour ne se passe sans que l’on nous parle de progrès technologique et de promesse pour l’avenir. Mais nous dit-on tout ce que l’on perd ? les savoirs traditionnels de groupes d’individus ayant puisé leurs connaissances dans leurs rapports à la Nature, des milliers d’espèces dont nous n’avions bien souvent pas connaissance de l’existence même (une espèce disparaît toutes les 18 minutes), etc. Ce délitement de nos rapports à la Nature nous amène par extension à mépriser le travail manuel ; ce travail qui depuis toujours nous permet de nous nourrir et de nous loger, ce travail qui nous est plus essentiel qu’aucun autre.
Nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins. L’Homme se trouve clairement au service de l’économie alors que le bon sens voudrait l’inverse, la Nature n’est plus considérée comme une composante de la vie mais comme une annexe de l’Humanité qu’il nous faudrait sauver, le travail manuel est méprisé au profit de « l’économie de la connaissance » et tous les regards sont tournés vers les promesses technologiques.
Ce constat doit nous amener à nous questionner sur les moyens d’action à mettre en place et sur l’alternative que ceux-ci peuvent apporter à nos modes de vie tournés vers la technologie en tant que négation de la Nature. L’émergence du commerce équitable semble être une solution mais n’en est en rien l’unique. Nous faisions dans un précédant post référence à la nécessité de rester optimiste face à une notion aussi anxiogène que peut l’être le Développement Durable. Dès lors, risquons nous à avancer l’idée qu’il existerait une solution globale (et non unique) : garder confiance en la capacité de l’Homme à s’extraire et s’émanciper d’un système qui ne lui permet plus de voir l’essentiel, à savoir que la Nature, c’est la vie.

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L’idée de solidarité est une belle idée. Celle-ci peut paraître assez désuète mais elle est en réalité essentielle au vivant. C’est à partir de cette idée que prend naissance le Développement Durable qui regroupe à la fois la solidarité géographique (entraide entre les individus) mais aussi la solidarité temporelle (prise en compte des générations futures).

Cette notion de solidarité spatio-temporelle implique une prise de conscience de l’interdépendance existant entre les êtres vivants et du fragile équilibre duquel résulte la vie sur Terre. La notion d’interrelation est spontanément présente dans la pensée « sauvage » alors que nous avons, dans nos sociétés, développé un système de pensée dichotomique. Dès lors, nous avons de la Nature une vision uniquement utilitaire.

Jamais dans l’Histoire, l’Homme n’a été autant coupé de la Nature. La grande affaire de notre époque réside dans Lire la suite →