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Lendemain matin : plein d’énergie pour affronter encore  1h30 de trajet, le jeu en valait la chandelle puisque nous devions rencontrer une des coopératives les plus importantes de Cocla : Maranura, composée de 300 producteurs.

Ainsi, j’eu le plaisir de rencontrer le président du conseil d’administration, son suppléant et un membre.

Nous avons passé un bon moment à échanger des informations, en effet, Maranura est à la recherche de renseignements plus précis sur l’équitable, et souhaite notamment de nouvelles formations sur le sujet grâce à la prime de développement.

Maranura existe depuis 1977, et continue de croître chaque jour.

Maranura c’est aussi une des coopératives pionnières ayant rejoint Cocla.

Cette rencontre, m’a assez surpris, d’abord, je fus reçu dans une ancienne Hacienda en pleine reconstruction.

manunara
Nous avons tout naturellement pris place dans l’ancienne chapelle de ce lieu… le chœur ayant été remplacé par une estrade, visiblement la déco était réalisé par Maranura, et en lieu et place d’inscriptions religieuses, j’ai pu lire des citations d’hommes célèbres.

En fait Maranura c’est un peu une coopérative référence pour Cocla. Les chiffres sont bons, les producteurs de plus en plus nombreux, et un café qui semble voir croître sa qualité. Preuve en est, Maranura vend maintenant en son nom propre, et ceux sur différents marchés, locaux, une partie du national et quelques quintaux à l’exportation.

Maranura, c’est donc une coopérative qui fonctionne, et est un véritable cas d’école : il semblerait qu’aujourd’hui Maranura ait moins besoin du commerce équitable qu’avant. Celui-ci ayant amplement rempli sa tâche : « contribuer au développement et disparaître ».

J’ai ainsi pu voir les différentes machines acquises ses dernières années, notamment l’emballeuse, et l’étiqueteuse.  Maranura a ainsi contribué au désenclavement de certains de ses producteurs et a su rendre disponible sur le marché un café péruvien d’excellente qualité. Ce furent des rencontres très agréables, mes interlocuteurs ayant par ailleurs joué le jeu d’un « mini reportage vidéo » qui sera publié très prochainement.

Après ces échanges, et la visite de la coopérative, nous avons bien sur repris un dernier café, et en avons profité pour reparler de l’importance du bio et de l’équitable, ces producteurs s’interrogeaient sur les raisons qui motivaient les consommateurs à acheter et  combien ils étaient chez nous… Trop peu sans doute leur ai-je répondu.

Leurs connaissances en matière d’équitable était juste et on sentait l’importance du pôle d’éducation créé entre autres par la prime au développement, spécifique du commerce équitable.

Un souvenir chaleureux dans cette coopérative avant-gardiste.

Retrouvez prochainement sur Ekitinfo.org, d’autres articles de Didier qui rentrent plus en détails sur sa visite de COCLA et ses rencontres avec les producteurs !

7 Commentaires pour ce billet

  • génial !!! c’est à toi que devrait revenir les 10 000 euros !!!! quelle folie !!!

    Dans tous les cas ,félicitations …je fais tourner

    Marc

  • Juste super! Encore un nouveau post de Didier qui nous fait découvrir des coopératives, l’envers du décor, le revers de la médaille…et oui des petits producteurs se battent pour mettre fin à un commerce inéquitable, un commerce qui les étouffe, un commerce injuste…ces posts, ces reportages, nous ouvrent les yeux sur un commerce éthique et équitable. Cela donne envie de se battre. Mais je me pose une question en lisant ce reportage.
    Ma question est: le commerce équitable n’est qu’un stade, une marche qui donne l’accès à un développement et à une autonomie aux petits producteurs, mais ici Manura semble dire qu’il en a moins besoin…le fait qu’il soit plus autonome aujourd’hui, le fait que son pouvoir de négociation a grandit font ils qu’il se tourne doucement vers un commerce moins équitable? Place aux machines, au rendement et bientôt le goufre de la mondialisation???

  • Bonjour Valentin,

    tout d’abord merci pour tes commentaires et encouragements !

    En effet, ce que j’ai pu remarquer chez cette coopérative c’est qu’elle semblerait avoir “moins” besoin aujourd’hui que hier du commerce équitable. Mais c’est surtout grâce au regroupement en coopérative qu’elle a pu développer de nouveaux projets, financés entre autres par la prime du commerce équitable.

    Cependant Maranura a développé un modèle lui permettant de se tourner plus vers le marché national, et régional car ici comme ailleurs de plus en plus de personnes boivent du café quotidiennement. Ces consommateurs d’une nouvelle ère souhaitant pour la plupart un café “péruvien” et “bio”. Je ne pense pas qu’ils se tournent vers un commerce moins équitable, car les apports du commerce équitable aujourd’hui sont finalement “faibles”.

    Je m’explique, lorsqu’une entreprise de commerce équitable achète du café à Cocla, elle l’achète sans savoir si celui-ci vient de Maranura, Huadquina, ou encore d’autres (5000 producteurs au total), qui plus est elle achète du café non transformé, car les coûts d’importations sont moindres, et il n’y a pas ou peu de taxe à l’import, alors que si on importait imaginons un café transformé et empaqueté depuis le Pérou, le prix serait très très différent. C’est donc pour développer de nouveaux marchés et donc de nouveaux emplois que Maranura s’est tourné vers un marché local.

    Place aux machines oui, au rendement non car les quantités ne sont pas non plus astronomiques, mais par contre place à la qualité et à un produit “local”.

    Quant au gouffre de la mondialisation, Maranura comme Cocla n’y contribue pas ou peu, puisqu’ils exportent principalement des produits bios et équitables.

    En bref, l’équitable nait pour disparaitre, a joué un bon rôle auprès de certaines coopératives, et c’est non sans émotion que ces mêmes membres de coopératives sont fiers de pouvoir vendre aujourd’hui au Pérou un café qui jusqu’à peu était très peu reconnu.

  • “né pour disparaître” pardon

  • Merci pour ta réponse Didier,
    je perçois chaque jour un peu plus la véritable mission d’Alter Eco, j’ai en effet la chance aujourd’hui d’éffectuer mon année d’aprentissage chez eux.

    Depuis peu j’éssaie de m’intérsser de plus près à cette vision, que je considérais avant comme utopique.
    Pour éclaircir mes propos, je ne suis pas contre la mondialisation, j’ai plus tendance à ensencer Paul Krugman que Joseph Stiglitz…la mondialisation n’est pas coupable, c’est les homme et leur course à la rentabilité, leur envie de dominer qui est coupable.

    La mondialisation devait au commencement uniformiser les pays, profiter aux PMA et PVD, mais finalement la mondialisation a plus profité aux pays développés, au FMI qui délocalisent de PMA en PMA…
    Je suis d’accord sur le fait que la mondialisation a apporté son lot de bénéfices aux PMA et PVD…mais cela reste très inéquitable.
    C’est pourquoi nous avons besoin du commerce équitable.
    Je ne pense pas que Manura et Cocla participent au gouffre de la mondialisation, j’ai juste peur que leur détachement du commerce équitable au profit d’une autonomie industrielle (+ de machines) risquent de se faire happer par la mondialisation, je me suis certainement trompé vu leur surface de production qui est faible (pas trop de risque qu’ils rentrent dans la course à la productivité), mais cette idée m’a traversé l’esprit.

    En bref, merci pour tes précisions!

    Valentin

  • Salut Valentin (et bonne fête en retard) !

    merci pour tes commentaires ! ça fait toujours plaisir :)

    tu fais quoi chez Alter Eco ?

    je ne suis pas d’accord sur la mondialisation “uniformiser les pays”, au contraire je crois que celle-ci aurait dû si elle était “mieux” appliquée mettre en valeur leurs différences culturelles, économiques, politiques, et bien sur encourager à une biodiversité plus forte que celle d’aujourd’hui…

    Par contre je te rejoins sur Maranura et Cocla qui se détachent un peu de l’équitable, ou du moins qui en ont moins besoin au vu des cours du café aujourd’hui très bons. Ils n’ont pas une surface de production faible, ils sont tout de même 5000 producteurs avec 2 à 5 hectares chaque… le calcul est vite fait et les place en qualité de plus grosse coopérative de café du Pérou.

    L’enjeu pour ces producteurs semblent aujourd’hui plus de trouver des “repreneurs” qui ils l’espèrent tous respecteront leurs engagements coopératifs. Par contre je doute que leurs enfants reprendront leurs exploitations, car ils souhaitaient tous qu’ils aient une vie “meilleure”.

    J’ai rencontré peu de fils ou de filles de producteurs qui m’ont dit qu’ils aimeraient reprendre. C’est donc selon moi l’axe stratégique dont devra s’occuper Cocla dans les prochaines années, afin de ne pas être “déconsidéré” dans le commerce équitable !

    Enfin pour terminer, ce jeudi et vendredi j’ai le plaisir de recevoir Julia Guerra à Lima, une des productrices qui m’a le plus marqué : http://www.mapausecafe.net/archive/2012/01/28/video-votre-cafe-vous-le-prendrez-equitable-julia-guerra.html

    Bonne journée à vous tous ;) !

  • Bonsoir Didier! Merci!

    Je suis en alternance depuis septembre chez Alter Eco en tant qu’assistant logistique. Je suis en Licence pro management des organisations (assistant manager) Donc la théorie et les cours ça va, mais faut appliquer tout ça^^
    J’ai cette chance de pouvoir débuter dans une entreprise socialement responsable…qui a des valeurs, une mission.
    Je connaissais un peu le Bio (consomme beaucoup de bio, meilleur pour la santé, mais aussi souvent meilleur au goût), je connaissais très mal le commerce équitable…j’en avais qu’une très vague idée, voilà pourquoi je traîne de temps en temps sur le blog^^

    Ciao!!

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