Depuis fin 2008, Alter Eco importe de l’huile d’olive extra vierge de Palestine grâce à un partenariat mis en place avec la coopérative PFTA (Palestine Fair Trade Association). Jérémie (Responsable Développement des Ventes) et William (Responsable Web/Evénementiel), travaillant tous les deux chez Alter Eco ont passé une semaine en Palestine afin d’auditer la coopérative PFTA. C’est dans un contexte géopolitique particulièrement difficile qu’ils ont évalué et constaté les bénéfices liés au commerce équitable sur les familles des producteurs. Ils nous font part de leur aventure.

Après avoir visité les bureaux de PFTA et de Canaan Fair Trade (voir l’article précédent), Jérémie et William partent sur le terrain à la rencontre des producteurs palestiniens d’huile d’olive…

Chez les producteurs !

Nous voyageons en compagnie des deux coordinateurs terrains Belal et Ahmed ainsi que de Mohamed, l’ingénieur agronome.  Nous commençons par visiter les producteurs du village d’Asira située non loin de la ville de Nablus. Là-bas, nous rencontrons le représentant de la coopérative, Abu’Asim, un homme de 57 ans ancien pilote de chasse reconverti en petit producteur d’olives ! Il nous accueille chaleureusement et nous partage sa vision de l’agriculture : la Patience, l’Endurance et la Continuité sont d’après lui les 3 piliers que tout bon producteur se doit de respecter. Il nous invite à acheter son huile autant pour sa qualité que par signe de solidarité avec le peuple palestinien.Grâce au Commerce Equitable, Abu’Asim a pu envoyer ses enfants à l’Université. Aujourd’hui deux de ses fils sont diplômés, l’un a un diplôme de Chimie et l’autre de Télécommunication. Le benjamin suivant actuellement des études pour être comptable tout en aidant son père lors des périodes de récolte. Avant de partir, il nous offre une bouteille d’huile d’olive fraîchement pressée et non filtrée, nous garantissant la plus haute qualité !

17h, le soleil est déjà couché. Il nous faut rejoindre le petit village d’Anin (10 000 habitants) qui se trouve au Nord de la Palestine à la frontière du mur de la séparation (construit en 2002). Nous sommes accueillis par Mahmoud Issa, président de la coopérative PFTA qui nous précise que le village est composé uniquement de 3 familles (la moyenne d’enfants par famille en Palestine étant de 6) ! Nous dormons le soir chez Abu’Ahmed, ancien capitaine des forces palestiniennes reconverti dans la culture de l’olive. C’est la fin de la récolte (période de récolte : octobre à décembre), nous rencontrons de nombreux producteurs qui prennent le thé et le café chez lui. Nous échangeons sur l’objet de notre visite, l’une des questions qui revient régulièrement concerne les ventes de l’huile en France et son marché. Les producteurs sont fiers de leur huile et du travail réalisé et veulent ainsi connaître l’état des ventes.

Le lendemain nous visitons l’organisation de producteurs d’Arorah  à proximité de Ramallah. Nous avons la surprise de constater que les oliviers sont situés sur les flancs d’une montagne, ce qui nous offre une vue magnifique. Dans cette coopérative, la récolte est toujours en cours. Nous constatons que les méthodes de récolte sont bien traditionnelles, la cueillette se faisant à la main. Nous prenons nous même part à la récolte. Puis nous nous entretenons avec Ahmed Kahseb, un producteur qui nous fait part du fait que le commerce équitable et les formations à l’agriculture biologique lui ont permis de prendre conscience de son lien avec la Nature et de la nécessité de la préserver. Cette prise de conscience se traduit par l’adoption de gestes au quotidien comme le fait de récupérer les déchets trouvés sur son passage. Les bénéfices constatés par Ahmed Khaseb allant bien au-delà du simple aspect financier.

Pour notre dernière nuit en Palestine, nous sommes hébergés par Abu Amir qui a eu la gentillesse de nous faire visiter au coucher du soleil son terrain où il y fait pousser chou fleur, herbes aromatiques pour faire du za’atar, aubergines etc… A l’heure du dîner, nous avons toujours droit à de l’huile d’olive (à tous les repas) et nous échangeons avec ses proches et amis sur la situation en Palestine et leur quotidien qui est loin d’être évident, entre-autre ils ne peuvent circuler librement à l’extérieur des territoires palestiniens. Travailler en bio et en équitable leur permet de toucher des marchés étrangers et d’avoir un contact avec l’extérieur. Cela leur permet également de faire une économie non négligeable au quotidien puisqu’une partie de la production est utilisé pour leur propre consommation.

Changement de vie…

De toutes ces rencontres avec les producteurs, nous avons été agréablement surpris de voir qu’ils étaient tous en mesure d’expliquer parfaitement ce qu’est l’agriculture biologique et les bénéfices sur l’environnement. Preuve que les formations en agriculture biologique et commerce équitable de PFTA leur sont utiles et efficaces. Nous avons également constaté que les producteurs adhérent fortement au projet PFTA et ont une confiance très forte envers l’organisation.

Le projet de Commerce Equitable de PFTA a changé la vie de nombreux producteurs. On peut citer l’exemple de Khader, producteur du village Nus Ijbail. Il commença à travailler dès l’adolescence dans une usine de fabrication de plastique en Israël. Pendant 10 ans il y travailla 12 à 16 heures par jour. Il avait pour habitude de quitter son village en Palestine pendant plusieurs semaines pour travailler dans l’usine et y dormir.  Suite à la seconde Intifada (en 2002), il est contraint de quitter l’usine et de rentrer en Palestine. Il décide de reprendre l’exploitation familiale et commence à se mettre à la culture d’olives. De confession musulmane, cela ne l’empêche pas de s’installer dans un petit village chrétien touché de plein fouet par la migration rurale. Il entend parler du projet PFTA et s’engage à suivre des formations pour cultiver en bio. Très vite les résultats sont au-delà de ses espérances et les ventes lui permettent de pouvoir subvenir à ses besoins. Face à ce succès, d’autres familles de son village se mettent également à rejoindre la coopérative. Aujourd’hui c’est l’ensemble du village qui travaille avec la coopérative PFTA.
Khader se considère comme un homme très chanceux, il est très heureux de son mode de vie et promeut auprès des jeunes le retour à la terre.  Malgré son âge (30 ans), il est respecté des plus anciens et fait partie des membres les plus actifs de PFTA. Dans son temps libre, il se documente sur des techniques en agriculture biologique et  va même jusqu’à réaliser ses propres expériences.

Marqué par ces belles rencontres, il est temps pour nous de faire un bilan de notre audit et d’en faire part à la coopérative…

La suite de notre audit en Palestine dans le prochain post du Blog d’Alter Eco.


Voir le diaporama photo de nos visites chez les producteurs !

Retrouvez l’huile d’olive vierge extra Alter Eco de Palestine sur NosMeilleuresCourses.fr

4 Commentaires pour ce billet

  • “Travailler en bio et en équitable leur permet de toucher des marchés étrangers et d’avoir un contact avec l’extérieur. Cela leur permet également de faire une économie non négligeable au quotidien puisqu’une partie de la production est utilisé pour leur propre consommation.”
    Je suis ok pour la première phrase, mais l’orientation à l’export implique une corrélation négative avec l’autoalimentation! Du coup j’ai du mal à voir comment en vendant plus de produits, ils peuvent en garder plus pour eux?
    A moins que… le rapport ne soit pas qu’en quantité monétaire mais aussi en bouteilles d’huile d’olive??? Ils en vendent moins plus cher ce qui leur permet de gagner plus d’argent tout en économisant plus de bouteilles d’huile???

  • C’est exactement cela, le prix de vente de la bouteille est plus cher ce qui leur permet d’augmenter leurs revenus tout en gardant suffisamment d’huiles pour leur propre consommation !

  • It was invented in Victorian Britain, although the name Tulle actually comes from a city in central France that was once the heart of the French lace industry.

  • Beaucoup de personnes cherchent le bien-être sans le trouver. Il est nécessaire de bien réfléchir sur vos priorités afin que votre objectif final puissent être atteint. Trouvez le bonheur dans votre vie est votre capital santé.

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