Depuis fin 2008, Alter Eco importe de l’huile d’olive extra vierge de Palestine grâce à un partenariat mis en place avec la coopérative PFTA (Palestine Fair Trade Association).
Jérémie (Responsable Développement des Ventes) et William (Responsable Web/Evénementiel), travaillant tous les deux chez Alter Eco ont passé une semaine en Palestine afin d’auditer la coopérative PFTA. C’est dans un contexte géopolitique particulièrement difficile qu’ils ont évalué et constaté les bénéfices liés au commerce équitable sur les familles des producteurs. Ils nous font part de leur aventure.

Jeudi 1er décembre,  nous sommes en Palestine. Mohamed Al Ruzzi, ingénieur agronome de PFTA vient nous récupérer à notre hôtel pour nous conduire aux bureaux de la coopérative.
Les bureaux sont situés dans le vieux quartier de la ville de Jénine (au nord de la Palestine). Nous faisons connaissance avec Mahmoud Issa, président de la coopérative récemment élu depuis 6 mois. Nous nous entretenons avec Ahmed Abufarha, directeur général de Canaan Fair Trade, la société en charge de la transformation et des exportations de l’huile d’olive et des autres produits de PFTA.
Il nous explique en détail l’organisation de la coopérative et nous parle de la genèse du projet.


Un projet qui vise un retour à la terre

PFTA a été créée en 2004 par Nasser Abufarha (oncle d’Ahmed),  Docteur en Anthropologie, pour contrer une inquiétante augmentation des migrations rurales en Palestine.  En effet, suite à une étude sociologique, il constate que de nombreux paysans palestiniens délaissent leurs terres pour s’installer et travailler dans les villes par manque de débouchés commerciaux (un prix pour le marché local et à l’export trop élevé). Cependant, leur situation ne s’arrange pas souvent dans les villes puisque le taux de chômage reste très élevé (plus de 20%).  Cela représente un danger pour le peuple palestinien dont la culture des oliviers est ancestrale et représente l’une des premières sources de revenus du pays. Cela est également perçu par les palestiniens comme une menace  pour leur indépendance car les terrains délaissés peuvent être repris par les autorités israéliennes pour l’installation de colonies israéliennes.

Fort de ce constat, il imagine un projet d’organisation de producteurs pour la commercialisation d’huile d’olive. Résidant aux Etats-Unis, il entend parler de commerce équitable et décide de baser son organisation sur ces principes et fonde l’association PFTA en 2004. Il y intègre plus tard la dimension agriculture biologique au projet afin de pouvoir garantir des débouchés à l’étranger.

A ce moment-là, aucune certification Max Havelaar n’existait pour l’huile d’olive, PFTA s’engage cependant à appliquer les mécanismes du commerce équitable et le premier containeur envoyé à un client américain arrive avec succès. En 2007, la coopérative est la première à obtenir la certification Max Havalaar pour de l’huile d’olive, cela lui permet de toucher d’autres clients à l’étranger. En 2008, Alter Eco entame son partenariat avec PFTA et y importe de l’huile d’olive extra vierge. Voyant des opportunités commerciales à l’étranger, PFTA a fait l’acquisition au fil des années de plusieurs certifications bio et équitables : USDA Organic, Fair For Life (label suisse), Max Havelaar, JAS (label japonais).

Aujourd’hui PFTA travaille avec 1000 producteurs répartis dans 40 coopératives. Tous les producteurs travaillent suivant les principes du commerce équitable et 850 d’entre eux cultivent en bio.


Une qualité exceptionnelle

La coopérative est réputée pour son huile d’olive vierge extra (1ère pression à froid) de haute qualité certifiée bio et équitable.
Certains des oliviers peuvent avoir plus de 2000 ans d’âge (oliviers de type Rumi). Ce qui confère à l’huile de Palestine à la fois un côté fruité et un fort caractère par ses notes puissantes.

PFTA fait des efforts pour promouvoir le bio et l’amélioration de la qualité de son huile en octroyant des primes aux producteurs. En effet, en plus de la prime du commerce équitable, les producteurs se voient octroyer une prime de + 2,5 ILS, s’ils cultivent suivant les principes de l’agriculture biologique et +1 ILS lorsqu’ils produisent de l’huile extra vierge (1 EUR = 5 ILS). Ce qui place au final le prix d’achat à 23.5 ILS contre un prix du marché qui est de 19 ILS, soit une augmentation de 24 % à celui du marché conventionnel. Chaque année c’est en moyenne 40 à 60 nouveaux producteurs bio qui rejoignent la coopérative.

La société Canaan Fair Trade, basée à Burquin a été créée par Nasser afin de pouvoir gérer les exportations de PFTA.
La société a fait récemment l’acquisition d’une unité de conditionnement afin de pouvoir gérer les embouteillages et créer ainsi plus de valeur ajoutée dans le pays d’origine et augmenter la marge des producteurs. Canaan met à disposition des producteurs une presse pour les olives et deux camions de transport. Pour les producteurs qui ne seraient pas de la région, des presses locales sont gérées pas des contrôleurs de presses.

De nos jours, Canaan Fair Trade a aussi bien des clients sur le continent américain, européen ou asiatique. Les exportations de Canaan totalisent plus de la moitié de toutes les exportations d’huile d’olive de Cisjordanie. L’entreprise  a le soutien du ministère de l’agriculture palestinienne qui reconnaît l’importance de son activité sur la situation économique des territoires palestiniens. Canaan a même reçu la visite de Tony Blair lors de son passage en Palestine en 2009.

Après avoir visité les bureaux de PFTA et de Canaan Fair Trade, il nous tarde d’aller à la rencontre des producteurs sur le terrain et d’évaluer l’impact du projet sur leur quotidien !

La suite de notre audit en Palestine dans le prochain post du Blog d’Alter Eco.

Voir le diaporama photo de notre visite chez PFTA et Canaan Fair Trade.

Retrouvez l’huile d’olive vierge extra Alter Eco de Palestine sur NosMeilleuresCourses.fr

15 Commentaires pour ce billet

  • Génial!! ça a l’air d’être une sacrée aventure!!!

  • EN OCTOBRE J’AI PU RENCONTRER L’EQUIPE DE CANAAN,PARTICIPER AVEC KHADER ET SA FAMILLE A LA RECOLTE DES OLIIVES,DECOUVRIR TOUTES LES ASSOCIATIONS DU CAMP DE REFUGIES DE JENIN.TOUT CELA M’A LAISSE UN SOUVENIR IMPERISSABLE ET CHANGE MON REGARD SUR LA PALESTINE.JAMAIS JE N’AVAIS RESSENTI UNE TELLE CHALEUR HUMAINE ET POURTANT J’AI BEAUCOUP VOYAGE A TRAVERS LE MONDE.JE N’AI QU’UNE ENVIE C’EST D’Y RETOURNER…

  • Bonjour Daniel !
    Merci pour votre témoignage ! Lorsque nous étions à Jénine, nous avons rencontré Khader et nous lui avons donné les photos que vous aviez prises avec lui et sa famille en Palestine. Il était vraiment ravi, il ne s’attendait pas à avoir ces photos si rapidement !! Nous l’avons interviewé et nous avons été saisi par son parcours atypique que nous avons décrit dans un second article : http://blog.altereco.com/2011/12/14/retour-dun-audit-en-palestine-pfta-bien-plus-quun-simple-projet-de-commerce-equitable-23/
    Amitiés

  • quel est le rôle des controleurs de presse?
    Et surtout: vous avez pris des photos de ces oliviers qui sont plus que millénaires? C’est bien que le commerce équitable permette de préserver ces témoignages de notre passé, au Togo l’agriculture par brulis détruit ce patrimoine, et en France on est pas mieux non plus, rare sont les arbres survivants à avoir dépassés les 1000ans. C’est fou de ne pas faire attention à eux quand on pense qu’ils ont pu voir défiller devant eux plus de 10 générations d’homme… Qu’est ce que j’aimerais bien parler aux arbres^^

  • Le rôle des contrôleurs de presse est de tenir un planning de l’utilisation des presses pour les producteurs et de s’assurer que les presses soient bien conformes à la production d’huile d’olive bio (nettoyage des presses si besoin etc…). Nous avons des photos de ces oliviers plus que millénaires, Il suffit de voir l’écorce de ces arbres pour prendre conscience de leur âge !

1 Trackback or Pingback pour ce billet

Laisser un commentaire