Tilahun, producteur Ethiopien en visite à la Corab (Coopérative en Poitou-Charentes) lors de la quinzaine du commerce équitable 2011

Au sud comme au nord, un modèle de type polyculture est en train de disparaître à grande vitesse au profit d’une agriculture intensive ; dans les pays du sud, sur la seule année 2010, 41 millions d’hectares de terres fertiles ont ainsi été soustraits aux paysans d’Afrique subsaharienne via les investissements des « hedges funds » (notamment pour l’acquisition de terres arables pour la sécurité alimentaire des pays investisseurs à une heure où les prix agricoles sont en forte augmentation), terres trop souvent transformées en grande plantation intensive ; au nord 90% des exploitations ont disparu durant les 50 dernières années avec des fermes qui tendent à l’agrandissement pour rester compétitives.

L’agroécologie peut nourrir toute la planète !

Défendre des projets basés sur des critères agro-écologiques au sud comme au nord est aujourd’hui vital ; à ce titre, le rapport « Agroécologie et droit à l’alimentation » présenté par Olivier de Schutter le 8 mars 2011 devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies indiquant notamment que l’agroécologie peut doubler la production alimentaire en 10 ans (rapport consultable sur www.srfood.org) vient apporter une sérieuse caution aux débats actuels notamment sur la capacité à l’agriculture de nourrir les  9 milliards d’êtres humains en 2050 (au passage le rapport de la FAO de 2009 indiquait un déjà complément intéressant à ce sujet, à savoir que nous produisons déjà de quoi nourrir 12 milliards d’être humains mais que la répartition actuelle des ressources ne permet pas d’y répondre : 1/3 de la nourriture des pays du nord est jetée sans être consommée, 1/3 de la pêche intensive est également rejetée à la mer…).

Une complémentarité des produits du Sud avec ceux du Nord !

Au-delà de la similitude des projet entre le sud et le nord avec la défense d’une agriculture basée sur des critères agro-écologiques, la complémentarité existe également dans lesproduits défendus ; nous pouvons très bien consommer du chocolat, du thé, du café qui sont rentrés dans notre patrimoine culturel alimentaire, « poussant » au sud, avec la défense d’une agriculture familiale mais également défendre localement des produits issus d’une agriculture sur des surfaces raisonnables et respectant les critères de l’agroécologie : céréales, légumineuses, légumes, fruits… Une complémentarité « produit » importante à souligner à une heure où dans les discussions le local s’oppose trop souvent aux produits « venant de loin ».

Des rencontres enrichissantes entre les producteurs du Nord et ceux du Sud !

A ce titre, des rencontres entre producteurs du sud et du nord échangeant sur l’agriculture et l’agroécologie, les points communs et les différences, sont passionnantes. Nous vous invitons à ce sujet à écouter le reportage paru sur France Inter avec Berhanu et Tilahun, producteurs Ethiopiens de Sidama , en visite à la Corab en Charente Maritime pour échanger avec les producteurs français ; reportage que vous pouvez réécouter dans l’émission Service Public du vendredi 27 mai sur le lien suivant : http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/servicepublic/index.php?id=105133

La transparence, un droit du consommateur !

Les solutions pour défendre ces produits et projets sont également similaires dans les deux cas, avec notamment l’instauration d’un prix juste non dépendant des fluctuations des cours des matières premières et une transparence sur le prix et l’origine des produits. En France, par exemple, ce devrait être un droit fondamental du consommateur lorsqu’il consomme un produit de savoir d’où vient précisément ce dernier, qui l’a produit et quelle partie du prix revient à la coopérative. A une heure où les notions d’équité, de contractualisation des volumes et des prix, reviennent souvent dans les discussions mais également en argument marketing sur les sites internet de grandes sociétés ainsi que dans les rayons, soyons vigilant à ce que ces démarches, qui sont en soi positives, soient également exigeantes, avec l’exigence d’une transparence sur les prix lorsque la notion d’équité est abordée.

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