21 octobre

Le monstre doux…

Posté par // Catégorie : Nos Combats
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Dans son dernier essai « Le monstre doux », le constat du linguiste italien Raffaele Simone concernant nos sociétés et leurs évolutions est radical.

Dans un entretien accordé au Monde Magazine*, il explique notamment comment il utilise le terme « monstre doux », pour qualifier nos sociétés européennes qui dériveraient doucement vers une nouvelle forme de domination qui s’ingère jusque dans la vie des citoyens ; sociétés qui tendent vers l’uniformisation et la radicalisation des idées au niveau des pouvoirs en place, via un autoritarisme qui dégrade les hommes sans les tourmenter.

L’endormissement de la conscience citoyenne…

Sur ce dernier point, il s’inspire notamment d’Alexis de Tocqueville qui expliquait bien comment une foule de citoyens qui se sont, jadis, battus pour la liberté se transformerait en « une foule innombrable d’hommes semblables (…) qui tournent sans repos pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, (…) où chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée des autres ».
Dans nos modes de vie urbains, accélérés, intensif et « hors sol », l’énergie restante dans le temps libre est effectivement souvent utilisée dans de nombreux loisirs afin de pouvoir se détendre et « enfin » trouver le repos. C’est souvent une course sans fin qui cache le manque de sens présent dans nos sociétés. C’est aussi et surtout un formidable manque d’énergie créatrice perdue et un endormissement des consciences citoyennes au jour le jour.
Selon Raffaele Simone, c’est notamment cet endormissement qui permet aux pouvoirs en place de connaître des dérives autoritaires sans rencontrer de réelle contestation.

L’insurrection des consciences !

Ce phénomène est visible jusque dans nos actes de consommations. Nombre de personnes se plaignent de notre alimentation mais dans les actes concrets, il manque encore une réelle énergie pour transformer les pensées en acte citoyen. Nos sociétés pourraient changer rapidement si la contestation individuelle était transformée en énergie collective. Le cercle serait d’ailleurs vertueux, débouchant  sur un changement sociétal intérieur, créatif et pérenne. Mais réveiller nos consciences endormies demandent un réel effort au quotidien. C’est d’ailleurs pour une de ces raisons que Pierre Rabhi appelle l’ensemble des citoyens à une véritable insurrection des consciences.

* Le monde magazine du samedi 11 septembre 2010. Entretien réalisé par Frédéric Joignot

4 Commentaires pour ce billet

  • très bon article. C’est frais, cours, juste, intéressant et donne envie d’en savoir plus!! merci.

  • effectivement il serait grand temps qu’on réveil notre envie d’agir sans mauvaise volonté, parce qu’on est déjà conscient de pas mal de choses qu’on se refuse à changer.

  • c’est malheureux que les gens ne veulent pas changer leur mode de vie et de consommation.. C’est pas faute d’en parler dans les médias ! Qu’est-ce qu’il faut faire pour que les gens changent ? je me le demande..

  • En fait il faut plutôt suivre la phrase de Gandhi: “devenez le changement que vous voulez voir dans le monde”, c’est plus constructif et déjà pas mal de boulot ;)

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