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Suite à l’échec de Copenhague, il est compréhensible que le pessimiste l’emporte aujourd’hui. La communauté internationale semble décidément avoir du mal à agir pour lutter contre les problèmes environnementaux. En effet, malgré les efforts diplomatiques entrepris ces dernières années, les problèmes de pollution et d’extinction d’espèces n’arrêtent pas de s’amplifier.
Face à ce constat, on dénonce des accords qui ne sont pas assez contraignants ou l’incapacité des Etats à respecter leurs engagements.  De ce fait, une certaine « fatigue diplomatique » s’installe au sein des populations. On se souvient tous des grandes messes médiatiques précédant chaque sommet international et dont le bilan se révèle au final bien décevant. A force de multiplier les désillusions, les citoyens ont tendance à se sentir déconnectés du contenu des négociations.

Pourquoi les Etats s’engagent-ils ?

Si les Etats savent qu’ils ne seront pas capables de pouvoir tenir leurs engagements alors pourquoi s’engagent-ils ?
Selon Philippe LE PRESTRE (professeur de science politique à l’Université Laval, Québec), il y a plusieurs raisons à cela :

    • L’intérêt particulier : certains Etats peuvent conclure que la réalisation de leurs objectifs nationaux dépendra des actions des autres Etats. Ils essayeront alors de faire adopter leurs propres valeurs et modèles par la communauté internationale. C’est  le cas des Etats-Unis qui est à l’origine de l’interdiction des substances qui appauvrissent la couche d’ozone.

 

    • La défense : inversement certains Etats s’inquiètent des efforts d’autres Etats pour imposer leur modèle et objectifs politiques qui limiteraient du coup leur autonomie. Ils s’engagent alors dans la communauté internationale dans le but de protéger leurs intérêts et adoptent un comportement défensif. C’est le cas de la Chine.

 

    • Les objectifs cachés : un groupe d’Etats cherchera à travers un engagement international, à obtenir le droit au développement, l’augmentation d’aides diverses et la reconnaissance de leur existence diplomatique. C’est le cas de nombreux pays en développement.

 

  • L’intérêt collectif : enfin, les Etats peuvent être convaincus que la nature des problèmes, leur caractère transnational et l’interdépendance des solutions rendent urgente une coopération internationale pour l’intérêt de tous.  Cette volonté de ne pas se focaliser uniquement sur ses intérêts ou d’imposer son modèle prend son origine à l’intérieur même des pays à travers l’action d’associations environnementales jusqu’à la conviction profonde des dirigeants. C’est le cas des Etats qui jouissent d’une « certaine autonomie » comme les Etats Européens.

Interdépendance…

A partir de ce constat, on voit qu’au-delà des Etats une multitude d’acteurs (associations, ONG, personnalités etc…) peuvent influencer la politique environnementale et sociale mondiale. Le renforcement tant soit peu du droit international de l’environnement et du Développement Durable confirme cette tendance.
Il est donc important à ce que la société civile à travers des mouvements écologiques soit pro actifs sur la construction d’accords facilitant le contrôle du comportement des Etats et des individus. En effet, le non-respect des accords internationaux n’est pas dû qu’au manque de volonté de la part des Etats. Il est aussi dû au manque de capacité humaines, administratives, scientifiques, financières et aussi à l’ignorance des mesures à prendre ou de la réalité des problèmes. Ainsi, ce qui doit l’emporter ce n’est ni le pessimiste, ni l’optimisme mais la volonté d’Agir Nous avons tous un rôle important à jouer dans la coopération internationale. A travers nos comportements quotidiens, notre manière de consommer, notre soutien aux acteurs engagé (associations locales/nationales/internationales, ONG, experts en environnement, scientifiques etc…), nous pouvons faire pression sur les Etats et surtout leur apporter des solutions pour Agir.

Nous sommes tous interdépendants. Les actions de chacun ont une incidence sur l’avenir de tous.

Pour aller plus loin :
« Protection de l’environnement et relations internationales »  de Philippe LE PRESTRE

2 Commentaires pour ce billet

  • sujet vraiment intéressant et important

    un des points essentiel selon moi est que l’opinion public est exclu de toutes négociations alors qu’elle en est souvent l’origine. Cela ne donne donc pas de légitimité à des mesures inapproprié car décalé de la réalité ou voté par intérêts. De plus les organisme de controles, sans le soutien et la pression public, n’auront pas assès d’autorité pour faire appliquer des règles d’un jeu où elle doit jouer dans les 2 camps.
    Pour rappel à copenhague, les acréditation était au nombre de 22000 pour rentrer au bella centrer, alors qu’il n’y aura plus que 90 représentés à la fin.

    http://rechauffement-climatique.novethic.fr/environnement-le-changement-climatique/changement_climatique/la_mobilisation_citoyenne_/quel_role_pour_ong_copenhague.jsp

  • Merci Vince pour votre réaction. En effet, cette mise à l’écart de la société civile dans les négociations n’a pas de sens. Il est urgent de renforcer notre soutien aux acteurs engagés pour que les instances prennent consciences des solutions qui existent… Merci pour votre partage de lien, article vraiment intéressant.

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