Scooter Electrique testé par Eric

Bien sûr j’aurais pu acheter une bicyclette. Mais un vélo c’est tout de même encore mieux quand on n’a pas besoin de pédaler. J’ai donc fait le grand saut en me portant acquéreur d’un petit scooter électrique. Retour d’expérience après une première journée à tester la bête.

40 Km/h, c’est bien suffisant, surtout quand on sait que la vitesse moyenne du trafic automobile parisien est de 15,9 km/h. Bien sûr, pas question d’aller sur l’autoroute et, de toute façon, les 40 km d’autonomie ne permettraient pas d’aller bien loin ! Il s’agit donc d’un petit engin à moteur électrique (non polluant, contrairement aux moteurs thermiques fortement émetteurs de CO2) pour une utilisation intra urbaine exclusivement. Au-delà de l’avantage écologique que ce type de véhicule représente, ce qui frappe en premier lieu c’est le silence ! Fini le cri strident du petit moteur 50cc, fini le bourdonnement viril d’une grosse cylindrée… on n’entend rien (ce qui peut d’ailleurs parfois étonner certains piétons imprudents). La chaîne mal graissée d’une bicyclette ferait plus de bruit que le petit sifflement imperceptible du moteur électrique. Zéro pollution, zéro bruit, zéro odeur de gasoil, voilà d’ores et déjà quelques bons points pour notre scooter électrique.

Oublier la conduite « livreur de pizza », on se détend. Parmi les points faibles des modèles électriques : l’autonomie. Il faut donc repenser sa façon de « piloter » afin de consommer un minimum d’énergie et ainsi optimiser la durée de vie de la batterie et la santé du petit moteur. Ce dernier se coupe automatiquement à l’arrêt et lorsqu’on relâche l’accélérateur. En roue libre, une dynamo va permettre à la batterie de se recharger (très faiblement) comme une grande. Il faut donc anticiper les ralentissements du trafic, les feux qui passent au rouge et ne pas accélérer à fond tout le temps. Un petit coup de pédale (oui mon scooter a des pédales !) pour donner un coup de main à l’engin dans le col du Tourmalet est apprécié par le moteur électrique de 800W. Que les plus pressés se réjouissent, le test a été fait hier : avec les feus, le trafic et les stops, la plus grosse des motos vous mettra certainement 200 m dans la vue quand la lumière rouge s’éteindra pour que la verte prenne le relai, mais c’est avec un malin plaisir et le sourire aux lèvres que 500m plus loin vous la rejoindrez au feu suivant … sans faire un bruit.

Bien sûr le modèle en question est probablement le plus petit du marché, on y monte seul. Mais il a par ailleurs l’avantage d’être muni d’une batterie Lithium amovible qu’on recharge à la maison, contrairement aux modèles plus performants qu’on doit impérativement charger sur secteur en tirant une rallonge du 4ème étage ou, pour les plus chanceux, en trouvant une borne de rechargement pour véhicules électriques. Le coût en terme de consommation d’énergie ? Autour de 0,20 euros les 100 Km… qui dit mieux ? L’achat d’un tel scooter coûte entre 1000 et 9000 euros (pour les plus performants), vous vous en doutez, le modèle évoqué ici est clairement dans la fourchette basse ! La Mairie de Paris a eu la bonne idée de proposer une subvention de 400 euros pour tous ceux qui veulent passer à l’électrique, à condition d’être parisien. Gageons que des initiatives similaires seront prochainement (si ce n’est pas déjà le cas) appliquées par d’autres grandes villes de France.

Un petit bémol qu’on ne peut oublier, en France la production d’électricité est majoritairement issue du nucléaire et nous n’avons toujours pas trouver de moyen pertinent, sûr et durable de gérer la fin de vie des déchets radioactifs. De la à dire que je roule au nucléaire il n’y a malheureusement qu’un pas. A voir donc si je ne peux pas à terme, devenir énergétiquement positif avec des panneaux solaires cousus sur la chemise, ce qui résoudra en plus le problème de l’autonomie…

Aussi utile et pratique que ce petit scooter puisse être, il ne doit cependant pas faire oublier que le vélo reste le moyen le plus écologique, économique … et sportif pour se déplacer !

14 Commentaires pour ce billet

  • oui mais je ne pense pas que les batteries électriques à base de ltithium soient les solutions aux pbes de pollution liés aux transports (et suis ok que ce n’est pas ce que tu dis non plus); mais quid d’une nouvelle exploitation d’une ressource épuisable et de l’éventuel danger pour l’environnement, au niveau des salar, du fait d’une exploitation massive?
    Vive le vélo !

  • Tu as complètement raison Caroline. C’est d’ailleurs assez systématique : nous recherchons des solutions plus durables que l’existant mais nous nous rendons rapidement compte des lacunes de ces nouvelles solutions.

    L’exigence d’un résultat 100% durable ne doit cependant pas être un frein au développement d’alternatives et à la recherches de solutions plus écologiques, même si nous devons passer par des étapes intermédiaires et certaines fausses routes.

    Des moteurs electriques performants et encore plus « sains » qu’utilisant le Lithium pour la batterie ne doivent pas être impossibles à développer !

    Et oui : vive le vélo !

  • Eric, pourquoi se déplacer en scooter? Je n’ai pas de scooter ni de voiture et je vis très bien à Paris (ok, j’habite dans le centre) avec les transports en commun. C’est moins cher, plus humain, on peut rencontrer des gens, lire son magazine (Prisma :) ), penser à rien…bref sortons de l’usage privatif des moyens de locomotion pour vivre mieux ensemble!!

  • Salut V.

    Tu viens de relever un très bon point : la lecture. Difficile de lire en conduisant alors qu’un bon bouquin dans le bus ou le métro c’est quand même très sympa.

    Pour le côté « privatif » ok aussi. J’attends le scooter à 8 places pour pouvoir emmener les copains : ils pédalent pour alimenter la batterie et je me contente de conduire… (pas très fair-play).

    Le soucis c’est que les transports s’arrêtent la nuit. Qui n’a pas été frustré de devoir dire : »ah désolé les amis mais je dois filer si je ne veux pas louper le dernier métro/bus ».

    Je n’ai pas une vie nocturne plus agitée que la normale mais cette dépendance aux transports publics me posent tout de même quelques soucis.

    Enfin côté, « rencontres dans les transports en commun », j’ai fait le test (je pourrai en faire un autre Post sur ce blog d’ailleurs) : rentre dans le métro et lance avec un grand sourire : « bonjour messieurs dames », les regards plongent dans le journal, on a bien trop peur que tu sois :

    a) de la sécurité RATP
    b) demandeur d’argent ou de tickets restaurants
    c) un illuminé qui va pourrir le trajet
    d) un musicien qui aimerait bien jouer à l’Olympia mais qui n’a pas la chance d’être aussi talentueux que les participants à la Star Ac (second degré bien sûr)

    Bref peut-être retournerai-je dans les transports en commun quand j’aurai effectivement le sentiment qu’on peut y faire de belles rencontres (ça arrive bien sûr). Pour l’instant mes expériences sont peu concluantes en la matière.

    Mais tu as raison au final. On peut très bien se passer de scooter ! (sauf si comme moi on est un bon vieux fainéant ;-)

  • Merci pour cette réponse Eric. Je ne veux surtout pas rentrer dans les débats stériles de « qui a raison et qui a tort » surtout pas avec toi (et vous d’alter-éco dont tu connais ma grande sympathie). Cependant, je pense que chacun de nous peut améliorer les transports en commun et l’ambiance qui s’y trouve. Pour ma part, j’essaye le plus souvent possible de sourire dans le métro. C’est déjà ça!! Il ne faut pas attendre que les autres changent pour changer les choses. Tu le sais mieux que moi. Concernant les transports qui s’arrêtent la nuit, il est sur que c’est désagréable et j’espère qu’un jour, les choses changerons aussi à ce niveau là. Déjà, elles se sont pas mal améliorées le week-end. Mais la Mairie de Paris a lancé un moyen de déplacement que j’utilise souvent la nuit: le vélib!! C’est pratique, pas cher, écologique, ça te fait éliminer le surplus de sucre consommé lors de la soirée, tu prends le temps de contempler cette magnifique ville qu’est Paris, on sort de la possession pour aller vers l’usage…bref, surtout en été, le vélib (à Paris mais aussi en province), c’est vraiment sympa!! Voilà comment dans la capitale de Gaulle, on peut vivre sans posséder de moyen de transport privatif donc en dépensant moins et donc en travaillant moins :) Et pour les exceptions, je me paye un taxi avec qui je discute souvent des aléas de la vie…La bise à tout le monde!!

  • Je ne peux qu’être d’accord avec toi ! Et si un soir tu es vers République et que tu as besoin d’un scooter electrique parce que tous les Vélib’ sont partis, je serai ravi de déprivatiser la bête !

  • avec grand plaisir (et une plaquête de chocolat offerte? :) )

  • Wesh trop bien le scooter !! je veux le même pour aller tafer !!!

  • L’objectif n’était pas de ma part de toujours jouer la « rabat-joie écolo » qui trouve toujours le truc qui n’est pas 100% durable mais comme tu indiquais les bémols du scooter électrique, je me permettais d’en rajouter un, non négligeable à mon sens (lithium, ressource épuisable et danger d’une exploitation massive). Je suis entièrement d’accord avec V (transport en commun, vélib et taxi exceptionnellement) mais on a tous nos « points faibles » écolo…en quelque sorte!

  • Merci pour ton soutien Caroline :)

    A bientot!

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