Vers une ultra sophistication…

Dans un précédent post, nous parlions des civilisations qui ont grandi, sont devenues puissantes et ont disparu (les incas, les vikings…). Nous mettions en exergue les 5 points communs précédant leurs disparitions > des dommages environnementaux > un changement climatique > des voisins hostiles (ou une ultra compétitivité) > des rapports de dépendance avec des partenaires commerciaux > les réponses apportées par une société, selon ses valeurs propres à ces problèmes.
Elles avaient également au moins deux autres points communs : > le fait de se sentir puissante et éternelle > et un autre très intéressant soulevé par Jean Ziegler dans l’Empire de la honte : l’ultra sophistication. Il prend, comme exemple, dans son livre une personne qui connaissait parfaitement les fonctionnements des systèmes bancaires mondiaux mais qui n’avait jamais mis les pieds sur le terrain pour constater les effets collatéraux de la spéculation sur les matières premières. ..
Cette personne peut donc se sentir naturellement légitime dans sa connaissance et le bien fondé des systèmes bancaires basés sur la spéculation. Pourtant une vue d’ensemble lui permettrait de juger au vue des bénéfices potentiels de ce système mais aussi de ses nombreux dommages collatéraux possibles. Et de juger en conséquence. Cette ultra sophistication légitime aujourd’hui de nombreux comportements et évite également souvent d’aller au fond des questions.
Un autre exemple simple. Lorsque l’on travaille dans le marketing d’une multinationale, on ne connaît pas les producteurs derrière les produits. Comment peut-on dans ce cas vendre leurs produits et comprendre leurs contraintes ? Le tavail du département marketing ne se résume alors plus qu’à la rentabilité et la communication autour des produits…
Une société ultra sophistiquée gagne souvent en efficacité mais les enjeux globaux et humains sont souvent moins prégnants, et trop souvent mis de côté… Cette ultra sophistication cachant l’interdépendance des enjeux, de nombreux systèmes se sont alors effondrés à la surprise des sociétés concernées.
Espérons que nous ne sommes pas dans ce cas là, que nous arriverons collectivement à prendre conscience des enjeux globaux pour adopter une attitude moins prédatrice vis-à-vis de notre planète et de nos voisins notamment des pays du sud…







1 commentaire pour ce billet
Le 22 juin 2010 à 11 h 29 min
Il est vrai que dans les petits commerces, on peut toujours connaître le nom du maraîcher ou du poissonnier, il suffit de poser la question. Alors, pourquoi, dès lors qu’un produit est « plus emballé » et qu’on le trouve en grande quantité, tout à coup, on ne sait pratiquement plus rien dessus.
L’emballage, qui est aussi un exemple de sophistication, ne devrait en aucun cas nuire à la connaissance du produit et du producteur.
Pour moi, le vrai intérêt de l’emballage, c’est de faire passer le discours du producteur que l’on ne peut pas voir de visu.