Le marketing, un gros mot?

Pourquoi faudrait-il trouver un nouveau nom pour distinguer le marketing classique d’un alter marketing ?
Le marketing s’appuie sur un schéma classique qui sert efficacement la logique dominante du marché, à savoir :
Une analyse de marché, l’identification d’un « trou d’offre » sur ce marché et ensuite l’élaboration de cette offre à destination d’une cible. Un plan de communication est souvent élaboré pour faciliter la rencontre entre l’offre et la demande.
On peut aussi partir d’un autre constat à savoir une conviction. Dans notre cas : la défense de l’agriculture familiale via des produits Bio et Equitable ; et les produits lancés sont toujours en adéquation avec cette mission. Si nous attendons que le marché « global » soit prêt, alors aucun changement n’arrivera jamais. Et si nous utilisons des techniques de marketing, c’est pour savoir, par exemple, si ceux qui soutiennent notre démarche préfèrent tel ou tel parfum. En ce sens, le marketing est utile.
Mais le terme marketing classique est devenu trop souvent synonyme d’analyse froide de marché et rentabilité. Et il a aussi le triste mérite de réduire l’être humain à une fonction de consommation avec le terme « Consommateur ». Même le nouveau terme à la mode « Consomm’acteur » continue de réduire l’être humain par rapport à la consommation en tant qu’acteur…
Des idées pour un nouveau terme qui définirait l’Alter Marketing ? Et pour le citoyen qui soutient une démarche engagée au-delà de la fonction de consommer ? Soyez créatif, il y a là un marché porteur ;) celui des nouveaux manuels d’Alter Marketing à destination des étudiants…







17 Commentaires pour ce billet
Le 17 avril 2010 à 17 h 25 min
Bonjour et merci pour cet article. Je n’ai pas encore de nouveau terme à vous proposer, mais je vais y réfléchir.
Je voudrais simplement ajouter que j’aime assez le terme de « consom’acteur » car il a le mérite de montrer que c’est aussi par nos actes de consommations que nous pouvons changer les choses. Si on se détourne du commerce « traditionnel » et que l’on préfère un commerce « alternatif », cela finira bien par faire réagir le commerce traditionnel qui risque de perdre un marché…
Mais le risque, par exemple pour le commerce équitable, serait de faire du faux commerce équitable simplement pour séduire certains consommateurs.
Le 17 avril 2010 à 19 h 50 min
Ma première proposition pour remplacer le terme marketing. C’est « meetic » pourquoi parce que c’est être séduit pour mieux se faire e…….ler!
Je reviendrais en 2 éme tour pour une réponse équitable.
(c’est de l’humour LOL)
Le 18 avril 2010 à 13 h 10 min
Bonjour !
Voici le résultat d’un premier brainstorming
Le marketing, c’est appliquer à chaque segment de marché la règle des 4 P… d’où mes propositions :
- FAIR 4 P
- F 4 P
- 4 P Responsable / 4 P Durable / Sustainable 4 P
- ALTER 4 P
À vous !
N.
Le 18 avril 2010 à 13 h 52 min
Je propose :
E.P.P./ I.P.P. :écoute/ intégration des parties prenantes
SI: Stakeholders Involvement/integration
A.S.: attention to stakeholders
S.P. : stakeholders participation
P.P.P. /3P: participation des parties prenantes.
Le 18 avril 2010 à 16 h 44 min
Si la grande distribution n’existait pas, et plus, si je devais aller chercher tous mes produits directement chez le producteur, alors a priori mon choix se porterait vers des producteurs en qui j’ai confiance, qui me fourniraient des produits sains pour mes enfants, des producteurs qui n’exploitent pas la planète mais qui la respectent et travaillent avec elle pour une vie douce pour tous.
Je ne peux pas savoir cela en allant au supermarché (sauf avec les produits comme les vôtres), mais je peux difficilement me passer du supermarché malgré tout. Le marketing nous voile les vrais objectifs de la consommation d’aujourd’hui, parce qu’il est centré sur l’idée de nous faire acheter, au lieu d’être centré sur ce que l’on peut nous proposer : en cette saison, à cet endroit, ici et maintenant, tel produit de la planète pour vous. Donc l’alter-marketing est-ce que ce n’est pas, plutôt que d’étudier le marché et nous étudier comme des consommateurs, étudier l’offre possible ?
La plus appropriée, par endroit, par période… Réapprendre aux gens à ne pas consommer des tomates toute l’année, mais au bon moment….
Peut-on appeler cela « Offerting » ? « Eco-OFFER » ? « Eco’ffer » ?
Nous avons tous besoin de consommer, appelons un chat un chat, mais l’alter-marketing doit nous aider à Bien consommer, alors « Offre Logique » ?
Le 19 avril 2010 à 10 h 18 min
Merci pour vos commentaires !
Julie, votre réponse me fait penser à une conversation que j’ai eue la semaine dernière. Le point était d’expliquer que nous partions toujours du besoin des petits producteurs pour élaborer une offre qui respectait leur dignité. Un contre argument était de dire que nous ne pensions pas aux consommateurs et à leurs pouvoirs d’achats. Ce qui montre bien la difficulté à sortir du discours ambiant où le prix est le seul critère discriminant d’achat et où tout se résume au pouvoir d’achat.
Pourtant entre un produit classique et un produit bio & équitable à coût équivalent ou quasi (8% d’écart constaté), dans un cas on finance, entre autre, 15% de marketing vs 1% dans l’autre et une rémunération en moyenne 50% plus élevée pour les petits producteurs… Notre point est plus de parler de juste prix pour un produit plutôt que se déplacer sur un axe pas cher, cher…
Notre époque nous fait croire, surtout dans l’alimentaire, que rien ne doit avoir un prix et que tout doit être accessible, qu’un écart de 8% n’est pas acceptable. Pour le coup, la grande distribution et certains partis politiques, sont en partie responsables de cela à force de communiquer uniquement sur le prix et sur le pouvoir d’achat. C’est pour cela que la transparence est un point crucial notamment la rémunération des petits producteurs qui est, d’ailleurs, un des éléments fondateurs du commerce équitable (juste, direct, transparent, solidaire et qualitatif…).
Le « marketing » doit servir à mettre ces éléments factuels en avant et non être au service d’émotions fabriquées qui ne se basent sur rien, i.e : je mange un yaourt et je suis mieux dans ma peau…
Sinon concernant les propositions de terme pour le marketing, Alter Marketing c’est un peu comme Consom’acteur, un nom qui n’arrive à se définir qu’en opposition ou en se construisant par rapport à un terme déjà usité… Cela montre une volonté de changer mais cela met également en exergue notre difficulté à sortir des clivages existants pour repenser complètement notre société, à opérer une vraie insurrection des consciences pour reprendre Pierre Rabhi.
Plutôt que de combattre un modèle déjà existant, mieux vaut en créer un nouveau, plus créatif, qui rendra l’ancien obsolète…
Le 20 avril 2010 à 13 h 32 min
Je suis bien d’accord. Cela me fait songer à un autre terme qui pourrait être qualifié de « gros mot », c’est le terme « Pouvoir d’achat ». Il est à mon sens réducteur, et sous-entend que la capacité d’achat est le pouvoir, l’idée de toujours plus.
Lorsque je remplis mon panier, certes, les contraintes économiques sont présentes, c’est évident, mais je n’ai pas cela en tête en premier, et je n’aime pas l’idée de cette priorité. Je considère bien d’autres critères que le prix dans ma démarche pour nourrir, équiper… ma famille. Je préfère mettre moins de sucre dans mon yaourt, mais du « bon » sucre. C’est pourquoi au terme pouvoir d’achat, qui parle de mon porte-monnaie, on pourrait associer le terme « pouvoir de choisir », qui évoque ma capacité à faire le meilleur choix. Et c’est là que les informations, transparentes et concrètes, sur l’origine des produits, leur transport, leur qualité… fournies par le « nouveau marketing » ont toute leur importance. Egalement dans ce cadre, le marketing basé sur les émotions que vous évoquiez a moins de poids.
Le 21 avril 2010 à 11 h 49 min
Bonjour Julie,
C’est sur que l’association des mots « Pouvoir » et « Achat » est malheureusement assez emblématique de notre époque..
Merci pour votre commentaire!
Laurent
Le 27 avril 2010 à 12 h 08 min
bonjour
Tout d’abord l’utilisation omniprésente dans le marketing de technique visant à tromper le récepteur met en place un climat de méfiance où la persuasion, d’une part, tente de gagner du terrain alors que, d’autres part, la volonté de liberté et de libre choix – impliquant une information réel- tente de résister.
Pour moi le principal problème est donc l’axe ou le but d’un plan marketing.
Afin de rester cibler sur le commerce équitable, je fais partis de ceux qui pense que communiquer est important afin de faire connaître et reconnaître ce pour quoi l’on se bat. Cette communication ne doit pas être ciblé sur les produits -le consommateur étant sensé savoir ce qui est bon pour lui- mais sur la manière de consommer. Il faut essayer de responsabiliser l’acte d’achat, et l’inscrire dans la logique de production et de vente. Pour cela il faut une véritable information au service d’un problème ou à l’exposition d’une solution (voir un bref documentaire, certains attire de plus en plus d’intéressés). Il ne faut pas non plus vouloir choquer par l
Le 27 avril 2010 à 12 h 27 min
bonjour
L’utilisation omniprésente dans le marketing de technique visant à tromper le récepteur met en place un climat de méfiance où la persuasion, d’une part, tente de gagner du terrain alors que, d’autres part, la volonté de liberté et de libre choix – impliquant une information réel- tente de résister.
Pour moi le principal problème est donc l’axe ou le but d’un plan marketing.
Je fais partis de ceux qui pense que communiquer est important afin de faire connaître et reconnaître ce pour quoi l’on se bat. Mais cette communication ne doit pas être ciblé sur les produits -le consommateur étant sensé savoir ce qui est bon pour lui- mais sur la manière de consommer. Il faut essayer de responsabiliser l’acte d’achat, et l’inscrire dans la logique de production et de vente. Pour cela il faut une véritable information au service d’un problème ou à l’exposition d’une solution (voir un bref documentaire, cela attire de plus en plus d’intéressés). L’erreur serait de vouloir choquer par la misère ou captiver par une utopie, il faut rester réaliste (et éviter de se prendre pour le 20h)
On ne parlerait donc plus de marketing mais d’informations
Une autre technique de marketing que l’on à pu observer sur les façades des magasins artisans du monde est l’unicité. Cela permet au consommateur d’améliorer ses repères, mais des fois au dépend de l’authenticité et/ou de l’originalité. Je pense qu’il faut vraiment faire attention à ne pas tomber dans le lit de la constance, mais favoriser l’innovation et la diversification.