Solutions Locales pour un Désordre Global
Tags : cinéma, conscience, consommation, développement durable
Le mercredi 7 Avril 2010 sort dans les salles de cinéma françaises le film de Coline Serrau, Solutions Locales pour un Désordre Global. Un film à ne pas manquer, plein d’espoir et de solutions pour un monde plus responsable.
A l’occasion de la sortie du film , nous souhaitons rappeler la complémentarité des démarches locales et équitables en termes de consommation. Il est indispensable de se tourner vers une consommation locale et de saison autant que possible et bien sûr, en ce qui concerne les matières premières introuvables chez nous (café, cacao, quinoa,…), de mettre en place des relations justes et durables avec les producteurs défavorisés. Les crises que nous traversons sont interdépendantes et il appartient aussi à chacun de nous d’y apporter une réponse, une alternative.
A ce sujet, la réalisatrice ne manque pas de nous rappeler que « les films d’alertes et catastrophistes ont été tournés, ils ont eu leur utilité, mais maintenant il faut montrer qu’il existe des solutions, faire entendre les réflexions des paysans, des philosophes et économistes qui, tout en expliquant pourquoi notre modèle de société s’est embourbé dans la crise écologique, financière et politique que nous connaissons, inventent et expérimentent des alternatives. »








18 Commentaires pour ce billet
Le 06 avril 2010 à 21 h 55 min
J’ai hâte de le voir
je suis vraiment pour une consommation locale au maximum et viens justement d’intégrer une AMAP pour favoriser l’agriculture paysanne de proximité
Faites un petit tour sur mon blog si le bio et le durable vous intéresse
http://www.mieux-en-bio.com
Merci
Le 07 avril 2010 à 16 h 49 min
Bonjour,
Je rebondis sur le titre du film pour donner un exemple qui est en train de nous « pourrir la vie »: l’huile de palme, énorme désordre global tellement elle devient omniprésente dans l’offre agroalimentaire. Et quelle déception de constater que l’on peut également en trouver dans les produits Alter Eco. La solution local ne serait-elle pas de ne pas employer cette matière grasse? Car quel que soit son mode de production, elle reste une matière grasse à ne pas recommander d’un point de vue nutritionnel.
Merci.
Le 07 avril 2010 à 17 h 39 min
Cher Romain,
Tout d’abord merci de votre vigilance mais votre commentaire concernant l’utilisation d’huile de palme par Alter Eco doit être nuancé.
Connaissant les ravages de la culture de l’huile de palme non certifiée, Alter Eco s’engage évidemment à proposer dans sa pate à tartiner une huile de palme garantie de zones non déforestées. Nous travaillons sans cesse pour être transparent et trouver à chaque problème une solution responsable et alternative.
Encore merci de votre vigilance.
Le 07 avril 2010 à 21 h 54 min
Il est constamment confondu huile de palme non bio qui entraine des déforestations en asie du sud est avec l’huile de palme bio, qui vient à ma connaissance quasi exclusivement de Colombie et certifiée équitable…il ne faut pas tout diaboliser mais encore une fois demander le + d’infos possibles aux fabricants pr une transparence et traçabilité parfaites… il faut bien sûr rester vigilant car l’huile de palme bio en asie du sud pourrait émerger un jour ou l’autre, mais encore une fois il est important de savoir pquoi on achète telle marque et pas une autre…ça m’aurait étonné de la part d’alter eco qu’ils ne soient pas soucieux de l’origine de l’huile de palme qu’ils utilisent ds leur pâte à tartiner!
Le 08 avril 2010 à 10 h 05 min
Bonjour,
A Florian et Caroline, rassurez-vous, je suis suffisamment informé sur le sujet de l’huile de palme et sur la déontologie d’Alter Eco et je n’avais aucun doute quant à l’origine de cette huile s’agissant des produits Alter Eco. Mon propos était de pointer l’usage de cette huile (même bio et certifiée équitable et durable) car sa qualité nutritionnelle est très critiquée. Quelques exemples.
Extrait du magazine Que Choisir de septembre 2009:
« On s’oriente aujourd’hui vers une différenciation, les acides gras saturés sont considérés comme plus ou moins délétères en fonction de leur conformation et, globalement de leur source ». « Par exemple, l’acide palmitique, majoritaire dans l’huile de palme, serait plus néfaste que d’autres acides gras majoritairement présents dans les produits laitiers. Ainsi le beurre, en quantité modérée, serait moins préjudiciable que sa mauvaise réputation ne l’a laissé croire. »
Extrait du magazine 60 Millions de Consommateurs de février 2009:
« En revanche le professeur n’aime pas beaucoup l’acide palmitique qui caractérise l’huile de palme. Pourquoi? Parce que c’est le plus abondant des acides gras alimentaires et le plus hypercholestérolémiant. Le professeur Legrand reproche aussi à l’huile de palme sa composition « monolithique », peu intéressante, alors que le beurre a un bien meilleur profil général avec une très grande richesse d’acides gras différents. »
D’un autre côté le CIRAD pense le contraire dans une étude de 1999:
« Nous pensons que prochainement, on pourra mieux comprendre pourquoi l’huile de palme est absolument sans danger pour la consommation humaine au même titre que l’huile de tournesol par exemple. »; « Dans le doute, on ne peut que recommander l’huile de palme pour l’élaboration des margarines ou produits apparentés à la place des produits hydrogénés. On jouerait ainsi la carte de la sécurité alimentaire comme le fait aujourd’hui l’Union Européenne. »
Enfin, l’avis de l’AFSSA du 1er mars 2010 relatif à l’actualisation des apports nutritionnels conseillés pour les acides gras indique concernant les acides gras saturés:
« Les acides gras saturés ne peuvent plus être considérés comme un ensemble car ils différent par leur structure, leur métabolisme, leurs fonctions cellulaires et même leurs effets délétères en cas d’excès. Il convient de distinguer le sous-groupe « acides laurique, myristique et palmitique » qui est athérogène en cas d’excès. »
Tout semble donc question d’équilibre (simple bon sens) mais une mesure préventive ne serait-elle pas d’éviter de nous alimenter avec des produits contenant de l’huile de palme?
Et de quelles matières grasses étaient composés les produits agrolimentaires avant l’introduction en masse de l’huile de palme? C’est bien l’argument économique qui a fait que l’on a substitué le beurre et les autres matières grasses végétales type colza, tournesol…?
Le 08 avril 2010 à 16 h 09 min
Bonjour Romain ,
Merci pour ce contenu très détaillé et pertinent. Il est évident que consommer de l’huile de palme avec excès n’est pas recommandé par les nutritionnistes. J’ajouterai : au même titre que le sucre, les œufs, le pain, le lait, le beurre, le café, le thé, la viande… Bref c’est plus l’excès qu’il faut blâmer que l’huile de palme en tant que telle, non ?
Le Palmier à huile est une espèce naturelle, (quand elle n’est pas redéfinie par une modification génétique évidemment), cultivée depuis des siècles. Là aussi, c’est le modèle agricole (monoculture intensive) qu’il faut blâmer et pas la plante en soi. C’est à mon sens le même problème que pour le soja. Le soja est un aliment sain et naturel mais son exploitation industrielle, poussée (vous avez raison) par des contraintes économiques, lui donne mauvaise presse.
Sur l’aspect nutritionnel, la démarche d’Alter Eco se doit cependant de revêtir une dimension santé/pédagogie vous avez raison. Et vous faites bien de nous solliciter sur le sujet. Nous allons donc désormais mettre en avant toutes les infos nutritionnelles de nos produits rapidement sur notre site web (grâce à vous nous allons accélérer le pas).
Pour conclure, finalement c’est justement parce que Nutella est incontournable chez les enfants que nous avons voulu taper du poing sur la table (du petit dej) et proposer une alternative bio, équitable et naturelle. Si nous arrivions progressivement à substituer tous les produits industriels pleins d’OGM par des produits naturels et bio (même si ceux-ci restent sur une dimension de « gourmandise »), ce serait une belle victoire je pense.
Le 08 avril 2010 à 20 h 05 min
comparer la teneur en acides gras saturés et la composition de ces acides est légitime, en théorie tt d’abord et surtout avant chauffage (=cuisson); l’huile de palme est la + stable à haute température, et la réside son grand intérêt. Il faudrait donc pr bien faire comparer les teneurs en acides gras saturés et la composition de ceux-ci APRES chauffage et je doute que le beurre cuit sans sorte mieux que l’huile de palme chauffée; l’utilisation d’huile de palme va crescendo avec les produits transformés; c’est pr cette raison notamment qu’avant elle portait moins à discussion…mis à part ces ajustements, je suis bien sûr ok avec la conclusion ci-dessus.
Le 08 avril 2010 à 20 h 38 min
Nous sommes tous d’accord que c’est l’excès qui créé le déséquilibre mais l’huile de palme ayant déjà dès le départ un mauvais profil, on est d’autant plus vite dans l’excès. Alors l’expliquer à un enfant c’est une autre histoire. En d’autres termes, si vous voulez vous démarquez de Nutella, autant le faire jusqu’au bout en ne choisissant pas l’huile de palme comme ingrédient.
Quant à la question du chauffage c’est exact pour le beurre mais pas pour les autres huiles végétales (également produites de façon durables) qui font de très bons substituts à l’huile de palme.
Je serais très intéressé par un positionnement scientifique sur les qualités nutritionnelles de l’huile de palme ce qui reste oublié dans le discours actuel anti-huile de palme qui se cristallise sur les problèmes de déforestation.
Enfin, je vous invite à lire les pages 39 à 41 du numéro d’avril du magazine Terra Eco qui fait le point sur l’évolution vers une huile de palme durable avec l’instauration de la RSPO. La confiance est encore loin d’être établie avec l’importance qu’a prise cette huile dans le paysage agroalimentaire et dorénavant dans celui des agrocarburants.
Le 09 avril 2010 à 19 h 18 min
Romain, j’ai lu l’article que vous évoquez et il est très certainement pertinent. Il est clair qu’aujourd’hui la démarche de certification n’est pas parfaite. L’ouverture optimiste en fin de dossier évoquant la possibilité d’envisager un RSPO+ est cependant ce que je retiens principalement de ces pages.
Nous travaillons actuellement avec la Colombie et la plantation est en cours de certification RSPO. Nous serons donc évidemment ravis de participer à la réflexion sur une extension « premium » de cette garantie.
Nous devons tous être dans une démarche de progrès et il est déjà louable qu’une volonté existe d’améliorer les pratiques et de les cadrer à travers un cahier des charges qui lui même, devra nécessairement être repensé, réévalué pour plus d’exigence.
Le 12 avril 2010 à 11 h 22 min
Je pense que nous sommes nombreux à attendre d’Alter Eco que vous justifiez aussi l’usage d’huile de palme sur le plan nutritionnel puisque si toute le monde l’utilise où sera la diversité?