egoisme-moi-dabord

Si l’on observe les motivations d’achat pour les produits bio ou équitable, on peut observer deux grandes distinctions :

> la consommation de produits bio est plus forte puisque la motivation est avant tout personnelle. On consomme bio parce que l’on veut préserver sa santé ou celle de nos enfants

> la consommation de produits équitable répond elle à une pulsion plus altruiste. On consomme équitable parce que nous avons le sentiment de soutenir une cause et un modèle de vision du monde.

Tout d’abord nous devrions dépasser ces clivages et apprendre à réfléchir de manière moins duale, le bio et l’équitable ne s’opposent pas mais se complètent. Un produit se doit d’être bio (respecter l’environnement) mais aussi équitable (respecter les hommes avec au minimum une rémunération juste et fixée à l’année). Par contre, dépasser des pulsions d’achat égocentrés (cf. le bio pour sa santé personnelle) à des pulsions plus altruistes (cf. l’exemple de l’achat équitable ci-dessus) est plus compliqué. D’après Edgard Morin, une société ne comporte qu’environ 12% de personnes présentant des pulsions « altruistes ».

Adam Smith (philosophe et économiste écossais des lumières ayant posé les grands principes du libéralisme économique) avait montré que ce qui fait avancer une société, ce n’est pas la justice mais l’égoïsme, autant sur le plan économique que moral. Cet égoïsme importe plus que la justice et s’accompagne surtout d’un besoin effréné d’épanouissement personnel. Si on met de côté, les 12% de personnes présentant des pulsions altruistes et tentant, au moins ponctuellement, d’œuvrer pour le bien du plus grand nombre, les motivations de nos comportements seraient avant tout égoïstes et basés sur nos besoins d’épanouissement personnel.

Il y aurait donc au moins une raison d’espérer : ce serait l’espoir de voir naître un « égoïsme écologique » qui s’étendrait, des personnes écologistes par altruisme, au plus grand nombre par des personnes écologistes par égoïsme ; ces dernières voudraient changer leur façon d’être et de consommer par peur des retombées de nos comportements modernes (peur des pesticides, des catastrophes environnementales…).

Alors bien sûr, il faudrait plutôt rêver d’une société basée sur la compassion  mais avant cela, espérons au moins la diffusion de l’écologie, la modification de nos comportements, la consommation de produits porteurs de sens au plus grand nombre même si la motivation première est mue en grande partie par l’égoïsme. Il est donc grand temps d’inventer l’égoïsme écologique…

4 Commentaires pour ce billet

  • Il est vrai que jusqu’à ces dernières années, nous avons entendu parler de croissance à l’infini des hommes, des produits et des profits. On a été fortement encouragé à suivre cette direction… Je me souviens par ailleurs ,il y a une dizaine d’année, lorsque je faisais des recherches sur mon orientation professionnelle, je n’avais trouvé que des métiers écologiques dévalorisés et mal rémunérés. Autrement dit, rien qui puisse motiver mon ambition ni mon égoïsme écologique. Créer de nouveaux métiers sur l’environnement, pouvoir activement participer à la préservation et à la réintroduction d’espèces, participer à la restauration d’espaces naturels : j’espère qu’il y aura plus de monde pratiquant ces passions plutôt que celle de rouler en 4×4 (je vous passe toute la liste des activités polluantes) !

  • Lorsqu’on sait que 70% des cancers sont liés à l’environnement, dont 30% à la pollution et 40% à l’alimentation, MOI JE DIS VIVE L’EGOISME ECOLOGIQUE !!!!

  • Un égoïsme bon pour soi et bon pour les autres… Il va falloir réinventer la notion de l’égoisme ;)

  • Il est vrai que jusqu’à ces dernières années, nous avons entendu parler de croissance à l’infini des hommes, des produits et des profits. On a été fortement encouragé à suivre cette direction… Je me souviens par ailleurs ,il y a une dizaine d’année, lorsque je faisais des recherches sur mon orientation professionnelle, je n’avais trouvé que des métiers écologiques dévalorisés et mal rémunérés. Autrement dit, rien qui puisse motiver mon ambition ni mon égoïsme écologique. Créer de nouveaux métiers sur l’environnement, pouvoir activement participer à la préservation et à la réintroduction d’espèces, participer à la restauration d’espaces naturels : j’espère qu’il y aura plus de monde pratiquant ces passions plutôt que celle de rouler en 4×4 (je vous passe toute la liste des activités polluantes) !

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