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Ça y est, tout le monde le prédit, d’après les médias et les cabinets de tendance : l’année2010 sera différente avec l’éveil d’une conscience verte aboutie, des choix de consommations alternatifs… Et tout ceci devrait être le nouveau moteur d’un eldorado via une belle croissance verte ! Les multinationales où cette opportunité donne des ailes aux « marketers, communicateurs, actionnaires, décisionnaires… », se disent qu’il est enfin temps de venir prendre sa part du gâteau. La cible consommateur a l’air fin prête…

> Si prendre la part du gâteau revient à un réel engagement alors le modèle des acteurs engagés se sera diffusé sur le marché de manière bénéfique ; et les petits producteurs dans le monde vivront en 2010 dans le meilleur des mondes possibles. Mais la diffusion de l’éthique a plutôt l’air de se faire à la baisse. Le commerce équitable a 5 critères fondateurs (direct, juste, transparent, solidaire, qualitatif) et il ne se résume que trop souvent au seul critère « juste » qui équivaut à un juste prix couvrant au minimum les frais de productions. A cela s’ajoute une prime destinée à financer les projets sociaux. Passons le fait que le commerce équitable ne devrait pas se résumer à ce seul critère (il est aussi par exemple essentiel de travailler en priorité avec les petits producteurs défavorisés via une agriculture familiale, dans le respect de l’agriculture biologique…) mais aux cinq critères, le prix minimum reste au moins garant de l’engagement minimum des acteurs au niveau du prix.

> D’autre part, si une multinationale communique sur certains de ces engagements durables, cela ne pose en soi pas de problème lorsque les engagements concrets sont présents. Là où le danger est plus grand pour le commerce équitable et ses acteurs, c’est lorsqu’elles viennent flirter sans être claire avec la notion de prix minimum et qu’elles considèrent leurs engagements comparables à ce dernier.

Ci-dessous un exemple avec Sara Lee pour illustrer ce propos:

> En Belgique, plus de 120 communes se sont engagées dans le cadre des campagnes « Communes du Commerce Equitable ». Sara Lee rend cependant ce choix très difficile en engageant systématiquement des démarches judiciaires à l’encontre des pouvoirs publics qui optent pour le commerce équitable. L’argument de Sara Lee porte sur le fait que leur café correspond à une série de critères sur le développement durable et que ce café peut donc être considéré comme du « café équitable ». D’après Lily Deforce, Directrice Max Havelaar Belgique, les critères ne satisfont pas les conditions générales du système équitable et il ne garantit pas un prix minimum décent à ses producteurs.

L’idée n’est pas d’être « ayatolesque » et anti-multinationales mais que l’engagement des ces dernières soit suffisant, lié à une vrai connaissance du terrain et des niveaux de vie des petits producteurs ou salariés dans les plantations.  Et surtout que le prix minimum soit fixé et stable pour mettre les producteurs à l’abri de la fluctuation des cours boursiers.

1 commentaire pour ce billet

  • Si les multinationales souhaitent en effet s’engager sur le Commerce Équitable, il me semble nécessaire qu’elles consacrent du temps à la rencontre sur le terrain et à l’étude des projets des petits producteurs. C’est l’Aventure Humaine du Commerce Équitable qui transforme une décision au départ politique en conviction profonde et qui permet aux hommes et femmes de ces multinationales de vraiment défendre les petits producteurs.

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