sécheresse

Voilà 2 jours que Copenhague a débuté, voilà 2 jours que le débat commence sur les ondes radios.

Le débat ? Hier matin sur France Inter, les invités de Nicolas Demorand ont débattu pendant 40 mn du pour ou contre le réchauffement climatique. D’un côté, le point de vue des membres du GIEC qui mettent en avant un réchauffement climatique via les gaz à effets de serre émis par l’activité humaine, de l’autre les « climato sceptiques » qui nient soit le réchauffement climatique sur une échelle de temps de plus de 1000 ans, soit le fait qu’il soit lié à l’activité humaine. Bref, un débat à coup de courbes scientifiques…

Mais la conséquence qu’est le réchauffement climatique doit déboucher sur un débat et une remise en question beaucoup plus profonde de nos modes de vie. Même, et ce n’est pas notre point de vue, si le réchauffement climatique n’était pas lié à l’activité humaine, doit-on continuer à « déforester » doit-on continuer à rouler avec des voitures contenant 1 personne dans les grandes villes ? Et encore, à date, nous sommes, dans les pays du nord, les mieux lotis. Du coup, certains scientifiques commencent même à émettre les arguments qu’il y aura des effets positifs à ce réchauffement. En gros, il va faire bon vivre dans les pays du nord et tant pis pour les pays du sud.

Les enjeux du développement durable sont interdépendants et il semble que ce soit une idée difficile à comprendre. Un petit producteur qui respecte – et surtout qui a les moyens de respecter son écosystème – préserve également la biodiversité et du coup lutte contre la déforestation et le réchauffement climatique.

Il sévit actuellement au Kenya et dans la corne de l’Afrique une grave sécheresse. Que cette sécheresse soit l’effet du réchauffement climatique ou non, elle est clairement liée à des facteurs combinés tel que la déforestation, un appauvrissement des ressources hydriques via l’irrigation mal gérée… Le stress hydrique provoque très rapidement des tensions et des conflits interethniques pour les quelques points d’eau restant. Des millions de personne souffrent de la famine et risquent la mort. Continuons donc d’avoir un mode de consommation qui met en esclavage le sud de la planète, laissons les à leur sort et bataillons à coup de tableaux sur le réchauffement climatique. Pas besoin de parler des causes tel que la déforestation, l’exploitation et l’exportation de matières premières à moindre coût des pays du sud (en l’occurrence au Kenya : café, thé, plantes, perches du nil…). Ceux qui meurent de famine sont moins importants que les tableaux excels et les émissions radios avec des spécialistes pour ou contre le réchauffement climatique.

Ces premiers débats laissent un léger goût acerbe. Mais espérons que les échanges à Copenhague et que les objectifs fixés d’ici la fin de semaine ne soient pas à l’image du débat de France Inter, espérons que la compassion envers les désastres environnementaux et les populations qui en souffrent prennent réellement le dessus sur les débats purement intellectuels déconnectés de ce qui se passent concrètement. D’ailleurs, il faudrait envoyer une invitation au « Climato sceptiques » à s’installer 3 mois dans le delta du Bangladesh, sur les bords du lac Tchad, dans la corne de l’Afrique pour ne citer que ces derniers, ils auront tout le temps de faire une étude terrain et des tableaux excels…

6 Commentaires pour ce billet

  • C’est vrai Laurent. Je trouve que votre raisonnement est juste. Souvent, ces débats sont un peu stériles et ils nous empêchent d’avancer.
    On le sait qu’il y a des problèmes environnementaux, si ce n’est pas le changement climatique, il y a d’autres pollutions….
    Alors, essayons de débattre d’innovation, de proposer de nouvelles idées, de nouveaux modes de vie, inspirons nous des bonnes pratiques d’autres pays et progressons ensemble vers un monde meilleur.

  • Concernant le réchauffement climatique, je pense que le débat est complexe, et que ce soit les gens qui mettent en avant un réchauffement climatique via les gaz à effets de serre émis par l’activité humaine ou que ce soit les « climato sceptiques », des 2 côtés, les arguments sont à la fois nombreux et pertinents. Au yeux du monde, le plus gros, sinon le seul, coupable des problèmes environmentaux s’est résumé à CO2. Il est grand temps que nous comprenions que pendant que nous menons cette discussion sans fin, notre précieux temps, lui, ne cesse de passer. Je connais bcp de « climato sceptiques », donc des gens qui pensent que le CO2 émis par les êtres humains en aucun cas n’est un facteur ayant suffisament d’impact pour changer notre climat, mais qui sont des gens très ouverts aux autres discours, beaucoup plus unanimes, comme la déforestation, la biodiversité menacée, notre consommation irresponsable et non-durable..etc. Donc comme tu le dis Laurent, peu importe l’impact que l’être humain a sur le réchauffement, nous avons tellement d’autres problèmes à régler. Et puis une dernière chose. Je rencontre souvent des gens qui dans le débat environnemental immédiatement vont se mettre en position d’attaque. Il peut y avoir plusieurs explications à ce comportement. La première pourrait être la peur de devoir remettre en cause leur propre facon de vivre. Une deuxième pourrait être la volonté de masquer une certaine ignorance. Enfin, une autre explication pourrait être celle de l’individu qui au fond, au fond, pense qu’il n’y a pas de quoi s’inquiéter. J’essaye donc tout d’abord de savoir ce que la personne en face de moi pense à ce sujet. Cela m’évite souvent des discussions inutiles, car non-ciblées. Peut-être que cela devrait plus souvent être mis en oeuvre dans les débats politiques. Et surtout, renforcer la conviction et la responsabilisation des citoyens quant à l’importance des petites et grandes actions de chacun.

  • Merci à tous.
    Petit rappel, issu d’un hors-série « Le Monde » Bilan Planète :
    Journée mondial de l’alimentation le 16 Octobre 2009 : Conséquences nous avons dépassé le milliard de personne souffrant de la faim. Et demain ? Et nous et vous ? Aurez-vous assez d’eau ?
    Des exemples donnés de ces 3 derniers mois :
    26 /09, tempête tropicale aux Philippines, 420 morts
    30 septembre, séismes Indonésie 700 morts
    03/10, typhon Parma aux Philippines, 438 morts

    Les problèmes climatiques ne sont plus le problème d’un pays, d’un blanc, ou d’un noir c’est devenu un enjeu majeur planétaire. Demain, beaucoup d’espèces de végétaux ne seront plus viables, à la place on nous servira des espèces mutées. Demain, des animaux vont disparaître, et oui même des mammifères, il nous reste combien de temps ? L’homme de tout temps a survécu grâce a la terre nourricière, de chasse et de cueillette. Que nous reste-t-il dans nos caddy ? Que donnons-nous à nos enfants ?

    Notre système de société fonctionne sur l’économie et le politique. Que font-ils ?
    Changer ce n’est pas, demain je deviens végétarien, et je vis dans une cabane au fond des bois. Changer c’est avant tout s’informer, se cultiver et rayonner. C’est aussi agir ! Des gestes simples de tous les jours avec une volonté de vouloir aller dans le même sens ensemble, commençons déjà par là.
    Aujourd’hui personne ne détient la vérité, aucun scientifique ne peut infirmer ou confirmer une théorie, mais l’Homme, l’Humain qui est en nous avec ce petit quelque chose qui s’appelle encore l’instinct sait que nous sommes sur un terrain de profonde mutation et que nous en sommes en partie responsables.
    Et vous ?

  • D’accord avec toi à 100% Cécile. Mais comment faire pour rentrer dans cette profonde mutation dont tu parles lorsque l’on ne peut pas compter sur les politiques, sur les nations. Il ya quelques semaines lors du sommet mondial de la FAO à Rome, AUCUN pays occidental n’était présent. Le message est clair et grave: il n’y aucune volonté de la part des pays développés de régler le problème du milliard de personnes qui souffrent de la faim dans le monde! Pire: ils ne s’y interessent pas!
    Ce soir au tour de Copenhague, il est vendredi à 13H00 et le texte sur lequel les participants travaillent n’a pas bougé d’un iota.
    Sans la volonté de ceux qui dirigent nos pays tout sera bien plus long…
    Un long combat à mener tous ensemble.

  • je pense que nous devrions suivre notre intuition. Nous avons l’intuition que le réchauffement climatique est dû aux gaz à effet de serre depuis fort longtemps, et bien faisons-nous confiance. Soyons animal mais dans le bon sens du terme. Rapprochons-nous de notre nature profonde qui nous indique que notre mère nature souffre, qu’elle ne peut continuer comme cela. Nous avons la même origine, nous venons des mêmes cellules que celle de la Nature. Nous n’avons pas besoin d’être sur de tout scientifiquement pour ensuite décider. Nous en savons désormais assez. Et laissons un peu d’imprévu dans notre vie, dans note humanité. Amusons-nous à changer, à vivre, à innover, à développer de nouvelles idées durables et joyeuses même si l’on est sur de rien pour que le monde que nous laisserons ne sera pas le même qu’actuellement et que nos enfants, petits enfant puissent dire ensuite : « je suis fier de toi »

  • pour ceux qui croient que la technologie nous sauvera: il est tout aussi rationnel de penser que les décennies passées montrent que la technologie a toujours causé plus de problèmes qu’elle n’en a résolus. Si nous avons pu cultiver l’illusion que nous maîtrisions les difficultés (fermons les yeux sur les conflits qui ont agrémenté le siècle passé), c’est uniquement parce qu’il restait encore des portions de planète à exploiter, à conquérir, et à détruire. Ces temps sont révolus: nous sommes désormais dans l’ère du monde fini ! Des experts pour contredire cette constatation, sauf d’invoquer la science fiction ou la multiplication des pains ?

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