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Le concept « Développement Durable » est en train de nous faire croire qu’un léger « relifting » de nos outils industriels (voiture un peu moins polluante, entreprises un peu plus engagées…) pourrait suffire et que ce développement durable sera la nouvelle croissance économique de nos pays. On est loin de l’insurrection des consciences, prônée par Pierre Rabhi, et qui doit déboucher sur des modifications profondes de nos comportements ! Cette vraie croissance sélective, choisir entre ce qui doit croître et ce qui doit décroître, est un véritable changement de paradigme (pour reprendre un mot à la mode) et serait plus un repli durable qu’un développement durable au vu de l’état de notre planète et de l’urgence d’agir.

La sobriété heureuse, toujours de Pierre Rabhi, reflète bien cela: consommons moins, possédons moins et nous serons plus heureux, plus légers. Lors de nos déplacements chez les petits producteurs du sud, ils nous enseignent cela à chaque fois en profondeur.

Pour revenir, au concept erroné du développement durable, quand on entend un politique à la radio (en l’occurrence radio classique il y a 1 mois) parler de croissance négative pour donner les projections de résultat du dernier trimestre et ne pas utiliser le mot de décroissance (mot qui n’arrive pas non plus à s’affranchir du concept de croissance globale), on peut se dire qu’on est loin d’une révolution des mentalités. Et quand on voit la dernière campagne d’affichage pour la mini mettre en avant le slogan « mieux qu’une psychothérapie », sous entendu : achetons une voiture sympa et on ira de mieux en mieux, on peut aussi se dire que:  1/les publicitaires et marques ne savent vraiment plus quoi raconter 2/ l’on est loin de penser que la sobriété heureuse rend vraiment heureux. Et pourtant les sages de tous les pays nous expliquent cela depuis plus de 2500 ans. Et nous avons seulement l’air de découvrir cela !

Mais merci à Mini de nous donner l’occasion de se pencher sur la question, cette publicité aura eu au moins un impact positif. La signature aussi est top : « Be Mini » et nous donne une superbe clé de lecture alternative : consommons et nous finirons par devenir nous même 100% objet de consommation !!! Merci encore BMW ;)

5 Commentaires pour ce billet

  • encore 100% d’accord avec toi Laurent!
    You are maxi!
    arthus

  • Cette pub est vraiment à vomir et m’a beaucoup fait réfléchir sur ce qu’est et ce que fait le marketing qui pousse à la consommation et fait partie si intégrante du décor qu’est notre société. Où trouver le naturel dans tout ce faux? J’ai regardé un reportage américain hier soir en streaming, intitulé « The persuaders », qui se passe de commentaire… Je vous laisse regarder : http://www.pbs.org/wgbh/pages/frontline/shows/persuaders/
    En tout cas on y voit bien la manipulation de personnes qui se disent psychologues, à se demander si on nous prend vraiment pour des cons… Merci d’avoir créer ce blog, une occasion de pouvoir décrier haut et fort Société de CONSommation ! Il est grand temps de retrouver les vrais valeurs, et ce n’est pas nouveau, ça date de plus de 2500 ans… On peut CHOISIR sa société, et ce choix commence dans l’assiette.

  • Tout à fait d’accord ! il y a là-dessous une graaaande mascarade et l’effet « green » a parfois bon dos ! Je n’ai pas vu la pub mais il est à parier que bien des efforts et beaucoup d’argent seront mis encore et encore à profit par les publicitaires pour continuer inlassablement à créer des besoins futiles…Non !! je ne ferai pas partie de ces CONcitoyens qui refusent de changer. Qui a dit que ce serait facile de changer notre mode de vie ? personne ! Malgré tout, il faut rester optimiste et être fier de tous nos actes responsables, individuels et collectifs.

  • Voyez cette image.
    La vie maintenant s’achète… en magasin…

    http://www.zeblog.com/blog/uploads/t/tcmada/auchan2.jpg

  • A propos des campagnes et des engagements des entreprises sur le développement durable, on défend dans nos convictions un niveau minimum d’exigence et d’engagement avant de pouvoir le dire à l’extérieur. C’est là où la démarche « marketing » est inversé:

    > Le marketing traditionnel analyse un marché, repère un « trou d’offre » et lance son produit pour combler le manque. Les moyens de communication sont alors alloués pour faire connaître le produit à « la cible identifiée ».
    > Dans notre cas, nous lançons des produits en adéquation avec nos convictions (des produits uniquement de petits producteurs, bio, équitable et carbone compensé ) et essayons dans un second temps de faire connaître notre démarche. Avec des moyens communications qui représentent moins de 1% de notre CA. On devrait du coup inventer un nouveau terme pour ce type de marketing; on va requalifier notre pôle marketing et communication: pôle des convictions!

    Faire connaître une démarche n’est pas néfaste en soi mais la communication doit reposer sur des éléments factuels, engagés et utiliser des moyens non intensif et non polluant (par opposition par ex à une campagne d’affichage qui pollue nos villes qui n’ont initialement cette vocation.)

    Quand on voit les campagnes de communication ci-dessus ou des groupes comme EDG où le budget de la campagne communication « Changer d’énergie ensemble » est supérieur au budget R&D de la société sur les énergies renouvelables d’après le prix pinocchio du développement durable http://www.prix-pinocchio.org/nomines.php dans la catégorie Greenwashing, on peut se dire que le paraître, la perception vaut encore plus dans les mentalités qu’une vraie démarche concrète engagée qui demande un effort financier réel et humain au jour le jour, effort guidé par des convictions bâties sur le terrain.

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