surpopulation

Il y a une idée récurrente dans les conversations actuelles sur le développement durable qui me fait peur et qui sous-tend l’idée suivante : « Il y a trop de monde sur la planète et surtout dans les pays du sud » ou encore « il faut réguler les naissances ». Alors effectivement si le taux de natalité est très fort dans les pays du sud, c’est qu’ils n’ont comme unique richesse que leurs bras pour travailler dans les champs ; la famille nombreuse et les descendants sont également là pour pouvoir prendre en charge les générations antérieures. On constate dans les zones où le niveau de vie moyen augmente que la natalité se stabilise assez rapidement à 2-3 enfants par couple.

Au-delà du problème d’éthique fondamental qu’une régulation des naissances pose (le droit à chaque personne de décider de sa vie et destinée pour sa descendance) + des drames que cela a déjà posé dans le passé (stérilisation de force de certaines populations dans l’Inde des années 60), ne nous trompons pas de combat : le vrai combat c’est celui de la pauvreté qui, lui, est étroitement lié à celui de la natalité.

Si nos peurs ancestrales de famine et de ne plus avoir assez à manger resurgissent parce qu’il y a trop de monde sur la planète, réfléchissons d’abord à nos modes de consommation :

  • 1/3 de la pêche est rejeté chaque jour dans nos océans qui sont en train de devenir des déserts
  • 1/3 de la nourriture dans nos pays développés est jetée chaque jour dans nos pays dits développés…

Une question clé, outre la lutte contre la pauvreté, est donc aussi la répartition de nos ressources et de sortir d’une apartheid des pays du nord face aux pays du sud. D’après la FAO, la nourriture jetée sans être consommé suffirait elle-même à nourrir les futurs 9 milliards d’être humains sur la planète. Les premières victimes de nos modes de consommation sont bel et bien les pays du sud (réchauffement climatique, effet de la débâcle financière…) et se font d’abord ressentir au sud. Notre consommation de masse est devenue une destruction de masse et un système « légalisé » de prédation. Alors ne stigmatisons pas les populations du sud avec le nombre de naissance ou encore en les accusant d’être les nouveaux pollueurs ! Le modèle économique dominant qui a été propagé vient bien de chez nous et nous avons, plus que les autres, la responsabilité de créer un nouveau modèle. Nous devons nous changer nous même avant de commencer à donner des leçons à nos voisins. Nous avons le devoir en priorité de changer nos comportements, pas ceux des autres.

A l’heure où certains politiques se gargarisent aujourd’hui dans les médias que nous sommes sortis de la crise, la banque mondiale (figure financière par excellence) estime que d’ici à 2015, à cause de cette même crise financière, entre 200 000 et 400 000 enfants supplémentaires vont mourrir chaque année dans les pays du sud !!!!!!

Bref, c’était un post un peu coup de gueule, mais pour rester positif et citer encore et encore Gandhi qui a ouvert la voie « Devenons le changement que nous voulons voir le monde » et créons un nouveau modèle – les solutions concrètes existent ! – qui rendra l’ancien obsolète plutôt que se fatiguer dans de vaines critiques.

4 Commentaires pour ce billet

  • tres beau post!!!

  • Je suis d’accord. Le contrôle des naissances est une atteinte aux libertés individuelles. Et notre système de consommation a perdu le bon sens en cours de route. La logique de prélever à la nature uniquement ce dont on a besoin s’est perdue dans le confort moderne.
    Et une famille nombreuse d’un village africain pollue moins qu’une petite famille occidentale, même bien intentionnée, triant ses déchets…
    Au sujet de la natalité, The economist du 31 octobre au 6 novembre a publié des articles intéressants, la page de couv : « Falling fertility, How the population problem is solving itself ».
    Heureusement le monde change et s’adapte.

  • Tout à fait d’accord sur le fait qu’il est possible de consommer moins et qu’il faut lutter contre la pauvreté.
    Cependant même dans les pays riches avec seulement 2 ou 3 enfants la population ne cesse d’augmenter avec l’espérance de vie de plus en plus importante. Il reste surtout le problème des constructions : plus la population augmente et plus il faut construire… Ça détruit complètement le paysage et comment fera t-on une fois qu’il y aura un immeuble sur chaque m² de terre de la planète….

  • « Il reste surtout le problème des constructions : plus la population augmente et plus il faut construire… Ça détruit complètement le paysage et comment fera t-on une fois qu’il y aura un immeuble sur chaque m² de terre de la planète…. »
    Le rapport entre HOMMES/ANIMAUX et HOMMES/ARBRES s’est complétement inversé, le paysage terrestre s’est effectivement détruit, on parlera bientot de planète grise avec tout ce beton :(
    Il faudrait réfléchir un peu plus à l’adoption je pense, ca permet à des enfants de sortir de la misère, de renvoyer des capitaux dans leurs pays d’origine et peut être y retourner travailler un jour…

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